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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 22:09

La fameuse « extase cosmogonique » de Dali a laissé des traces à la gare de Perpignan.

 

Entre deux arcades sur les quais de l’ancienne gare, on y trouve de surprenantes citations d’un des peintres adulés les plus délurés du siècle dernier (photo ci-après).

 

Gare de Perpignan Dali

« C’est toujours à la gare de Perpignan, au moment où Gala fait enregistrer les tableaux qui nous suivent en train, que me viennent les idées les plus géniales de ma vie.

Quelques kilomètres avant déjà, au Boulou, mon cerveau commence à se mettre en branle, mais l’arrivée à la gare de Perpignan est l’occasion d’une véritable éjaculation mentale qui atteint alors sa plus grande et sublime hauteur spéculative [...]


Eh bien ce 19 septembre [1963], j'ai eu à la gare de Perpignan une espèce d'extase cosmogonique plus forte que les précédentes. J'ai eu une vision exacte de la constitution de l'univers. L'univers qui est l'une des choses les plus limitées qui existe serait, toutes proportions gardées, semblables par sa structure à la gare de Perpignan. » 


Depuis, pour Dali, la gare de Perpignan n’est rien moins que « le centre de l’Univers », ce qu’il répétera avec le plus grand sérieux tout au long de sa vie. Il a d’ailleurs consacré une toile immense  au sujet, avec toute l’opiniâtreté démente qui lui est propre.

 

salvador-dali-galatee-aux-spheressalvador-dali


 

>> Galatée aux sphères (Dali)

 

 

 

 

 

 

 

 

Salvador Dali<<

 

 

 

 

Plus terre à terre, on rappellera tout de même que reliée par chemin de fer à Figueras, ville natale de Salvador Dali, la gare de Perpignan a été le lieu d’où partaient, à partir des années cinquante, la plupart de ses toiles pour des clients du monde entier, évitant ainsi les contrôles contraignants du franquisme.


Outre la ligne de TGV qui la dessert désormais, depuis Paris et jusqu’au terminus de Figueras, la gare de Perpignan a fait peau neuve. D’un côté les quais anciens avec leurs arcades typiques et leurs citations daliesques plus atypiques donc, et de l’autre, au bord de quais flambants neufs, un complexe commercial et hôtelier haut en couleurs vives ressemblant à un lego multicolore géant, modestement dénommé « el centre del món », en référence à la « paranoïa-critique » du Catalan Dali.


Résultat : même dans un wagon bondé typique de mi-août, l’estivant peut s’évader du commun. Douce France…


D’ailleurs, dans la foulée, le même estivant tentant de se faire une place dans le wagon bondé qui remonte de Perpignan vers Montpellier, peut tomber nez à nez avec un certain Mathieu Madénian.

 

Mad Mathieu

Mathieu Madénian

 

Cet humoriste natif de Saleilles dans la banlieue de Perpignan, se présente alors aussi comique dans le monde réel, qu’il ne l’est sur scène : quand il arpente le quai derrière sa valise dans un sens, puis qu’il le parcourt de nouveau dans l’autre sens, toujours derrière sa valise, pour enfin trouver sa place dans le train pour Lyon à la correspondance de Montpellier. On pourrait croire à un sketch, mais c'est bel et bien réel, et drôle sans préméditation.

 

En tout cas depuis qu’il a lâché sa robe d’avocat pour monter à Paris et changer de vie, ce comique connaît une ascension plutôt fulgurante.

 

D’abord voix off pendant trois ans dans la série Un gars, une fille, il rencontre Kader Aoun, ancien auteur et metteur en scène de Jamel Debbouze, également auteur de nombreuses émissions délurées de Canal +, avec qui il prépare un one man show qui finira par faire du bruit.

 

Armé de son accent du sud, il investit en 2009 le Paname, salle du 11ème arrondissement de Paris, avec un humour façon machette. Les vannes y sont taillées plus vite que le temps d’en rire, ce qui le conduit de prolongations en prolongations, jusqu’à la scène du Point-Virgule, puis plus récemment jusqu’aux plateaux de télévision mais aussi de radio de Michel Drucker où il intervient désormais régulièrement.


Pour ceux qui ne le connaissent pas déjà, il y a fort à parier qu’ils passeront un bon moment en le découvrant sur la scène du Théâtre Trévise, où il sévit de nouveau depuis le 15 septembre dernier, en reprenant le one man show de ces débuts poilants.

 

De la cosmique gare de Perpignan, au comique de Perpignan, on arrive donc bien.  


Affiche Mad Mat

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Jilda Hacikoglu - dans Spectacle
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commentaires

viguèn 29/09/2011 20:03


salut Jilda,

Sympas ton paralèlle entre deux artistes du monde perpignanais ... mais j'adhère assez à l'idée qu'en tout point du globe, le monde nous entourre tout entier, donc tout est au centre, question
juste de repère et d'origine ... tant qu'on ne se sent pas soit même le nombril du dit monde, on aura pas de surprise !
batchigs


Jilda Hacikoglu 30/09/2011 10:59



Sage conclusion Viguèn ! ;)



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  • Journaliste contribuant au magazine France-Arménie depuis 2003, et auteur de ce blog créé en septembre 2010. Sur Twitter @HacikJilda
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