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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 21:38

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Quand la musique se rappelle à vous d'une manière que vous ne vous expliquez pas, il y a de grande chance qu'une écoute approfondie en vaille la chandelle.

 

Il ne s'agit alors plus de comprendre, mais juste d'apprécier une autre dimension qui vous avale tout d'un coup.

 

C'est un peu l'effet que peut vous faire Macha Gharibian avec ses compositions inspirées de voyages, de rencontres et de croisements surprenants. L'accueil des salles parisiennes l'a encouragée à faire le premier enregistrement de sa propre formation My Triplet, avec l'aide des contributeurs intéressés par ses créations.

Si vous souhaitez participer l'opération se poursuit encore une dizaine de jours.

 

En tous les cas son écoute musicale vous est vivement recommandée et si vous souhaitez en savoir davantage sur les sources d'inspiration de cette musique si originale, Macha s'en explique ici avec grande simplicité et humilité (http://www.kisskissbankbank.com/macha-gharibian-enregistre-my-triplet) et voilà ci-dessous un portrait croisé père/fille autour de cette musicienne particulièrement attachante (publié dans le magazine France-Arménie du 1er avril 2010 - N° 359).

 

Bonnes écoutes/lectures...

 

 


 

Dan et Macha Gharibian /Liberté chérie

 

La musique est leur vie et c’est le groupe Papiers d’Arménies qui les réuni sur scène pour leur plus grand bonheur. Coulisses d’un père et d’une fille unis par les liens du sang et du son. 

 

A priori rien ne prédestinait cette jeune pianiste classique professionnelle, à partager la scène avec son père, chanteur-guitariste autodidacte, ex-routier et entrepreneur de bâtiment. Evidemment malgré ces parcours si distincts, lien filial et ambiance musicale aidants, on s’amuse quand même au jeu des ressemblances.


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Dan et Macha Gharibian - 2010 (photo Loïc Meignien)

 

D’un style à l’autre

 

L’aventure musicale des Gharibian père et fille commence autour de Bratsch. Fondé par Dan Gharibian et le violoniste Bruno Girard, ce groupe joue une musique du voyage, un peu tsigane, grecque et bien d’autres choses encore. Au début des années 90, il tourne depuis plus de 10 ans, et sa composition est à peu près figée. Les nombreuses tournées qui continuent encore aujourd’hui, l’ont étonnamment soudé, comme une famille. «Une famille qu’on s’est choisie» précise Dan, et la cohésion est contagieuse. «Quand j’étais petite, je les voyais déjà à la maison, et ils faisaient un peu partie de la famille» se souvient Macha qui plus tard, chantera presque par hasard et pour la première fois avec eux. Depuis, son père l’a accompagnée souvent à la guitare, et Macha finira par intégrer Papiers d’Arménie, l’autre groupe créé par Dan en parallèle de Bratsch, surtout pour le plaisir de chanter et jouer arménien.


urb2mini.JPGLe respect de l’autre est un socle évident de leur personnalité. Quel que soit l’autre, même – voire surtout - si il pense différemment. Pas toujours facile, mais c’est ce qui pour Dan, contribue à la longévité et la réussite de Bratsch, avec 5 musiciens et 2 techniciens, tous partie intégrante d’un groupe qui s’autogère et partage tout à égalité.

 

 

Même penchant chez Macha à travers son goût du travail commun, qu’elle joue, compose ou improvise. A ses yeux l’écoute mutuelle et les échanges entre musiciens sont toujours fructueux, car tout peut communiquer. Après un parcours poussé de pianiste classique (Ecole Normale de Musique de Paris), elle déborde largement du cadre, et ne craint rien tant que la compartimentation, qui de fait ne lui correspond guère. Au théâtre elle a déjà signé la création musicale et joué avec Simon Abkarian pour Titus, et se prépare pareillement pour Projet Mata Hari, dernière pièce du couple Abkarian/Catherine Schaub[1].

 

Si elle chante avec Papiers d’Arménies, elle a aussi apporté sa touche arménienne à un livre-CD de comptines du monde De miel et de pistaches, et récemment composé la musique du téléfilm Azad[2]. Le jazz est le nouveau champ d’action qu’elle ne lâche plus, depuis une immersion osée il y a quelques années à New York, «une ville qui pousse à déborder» justement.

 

 

Ambiance

 

Férue de pianistes de jazz comme Oscar Peterson ou le plus moderne Craig Taborn, Macha adore autant les grands compositeurs Rachmaninov ou Dutilleux, les musiques instrumentales ou le folklore arménien. Dans tout cela elle se retrouve, enrichissant ses diverses contributions, sous l’œil peut-être surpris mais toujours favorable de son père.

 

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Dan Gharibian - mars 2010 (photo JH)

 

Lui aussi n’a jamais bridé son répertoire : chanter en russe, ou écrire en burkinabé sied parfaitement à ce voyageur qui se sent rarement étranger, «à part peut-être un peu dans les pays nordiques», et regrette juste de ne pas maîtriser l’anglais pour mieux bavarder. C’est qu’avec le métissage musical de Bratsch jouant aux quatre coins du monde, en plus de 30 ans de métier, il a sacrément roulé sa bosse, et pas seulement en musique.

 

Avec sa présence impressionnante, il peut désarçonner le quidam d’un simple regard, tout en ayant le sourire facile et communicatif. Rester libre a toujours été son but, même dans ses boulots parallèles à la musique. Il hésita longuement avant de s’y consacrer à plein temps, mais le choix s’est finalement imposé, avec le temps et son propre ressenti. Ce riche vécu est admiré et très estimé par sa fille, car «rien n’est jamais acquis» en musique, quels que soient les succès.


Bien sûr les origines arméniennes ont une place de choix dans leur sillage. De père italien, Dan a pris pour nom de scène celui de sa mère arménienne. Elevé par ses grands-parents arméniens qui ont forgé son amour des musiques d’Europe centrale, il s’est vite identifié à ces airs de ceux qui sont sans pays, pour jouer à son tour «entre tradition et modernité».

 

l.jpgEn parfait électron libre, Macha ne considère pas que sa vie de musique vient de ces racines arméniennes, mais plutôt de son éducation, au contact d’artistes vivant pleinement. Bien sûr les sonorités arméniennes font bondir son cœur, et elle devine que ces racines sont à l’origine d’un certain «goût du tragique», une tendance à être davantage émue par les choses fortes. Serait-ce de là aussi que vient son éternelle envie d’émouvoir ?

 

Quoiqu’il en soit, pour elle l’émoi peut naître de bien des manières : « du triste au plus gai, et finalement la musique est vraiment un moyen de toucher, sans être enfermé », et son père fait chorus à cette foi puissante.


JH

 


[1] Pièce présentée au théâtre national de Toulouse du 17 au 26 juin 2010 ; prévue au théâtre des Bouffes du Nord à Paris en 2011.

[2] Réalisé par Nicolas Tackian, musique interprétée par Papiers d’Arménies, diffusion prévue sur France 2 courant 2010.

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Jilda Hacikoglu - dans Musique
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  • Journaliste contribuant au magazine France-Arménie depuis 2003, et auteur de ce blog créé en septembre 2010. Sur Twitter @HacikJilda
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