Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 23:41

 

Pour braver la météo capricieuse, avant que le ciel ne nous tombe sur la tête, ou que la crue de la Seine inonde les Tuileries, deux sorties recommandées pour élargir vos idées en ce début d’année.

 

 

Kertész, l’autre maître de la photo


affiche nageur

 

En réalité c’est probablement l’un des plus grands bâtisseurs de la photo telle qu’on la connaît aujourd’hui.

 

A côté des Robert Capa, Doisneau et autre Willy Ronis bien connus et récemment remis à l’honneur, à lui désormais d’occuper le devant de la scène, avec une rétrospective consacrée à la totalité de son œuvre par le Jeu de Paume, à Paris jusqu’au 6 février prochain.

 

 

Pour situer un peu mieux le personnage, Kertész a été contemporain du Mondrian aussi exposé à Pompidou en ce moment. Avec d’autres artistes exilés comme lui, les deux hommes se sont beaucoup côtoyés dans le Paris effervescent de l’entre-deux guerres.

 

Résultat : suivant sa propre voie, pleine de subjectivité, Kertész s’est fait un nom durant cette période, et ne s’est jamais arrêté d’expérimenter depuis, même si plus tard son travail fût beaucoup moins apprécié aux Etats-Unis où il dût s’exiler.

 

Malgré un appareillage encore peu pratique dans sa jeunesse, et une histoire familiale pas simple, la photo était pour Kertész une passion qu’il cultivait à côté du destin de parfait petit agent de change qui s’ouvrait à lui.

 

D’une technique photographique qui a connu une évolution spectaculaire au cours du siècle, il a fait un art à part entière, et au sortir de l’exposition qui présente chronologiquement toute son œuvre, on a l’impression qu’après lui on n’a pas vraiment réinventé la poudre.

 

Quai de Gare - Kertész, New York Quai de gare - André Kertész, New York City


Que ce soit au niveau de la composition des images, des jeux d’ombres, du travail de déformations et de recadrages, mais aussi de l’humanité révélée, ou de ses reportages-photos pionniers du genre, on comprend aisément qu’il a largement contribué à créer la photo telle qu’on la connaît aujourd’hui : mirroir de lieux, d’évènements, et de vies plus ou moins proches, qui vous sautent à la figure.
affiche danseuse

 

 

Tout cela, alors que quand Kertész a commencé la photographie dans sa Hongrie natale, la technique en était à ses balbutiements.  

 

Les minuscules tirages contacts qui ouvrent l’exposition du Jeu de Paume en attestent.

Pas plus larges qu’un pouce, ces images si réduites mais très nettes, en noir et blanc légèrement jaunis, et devant lesquelles le public défile comiquement avec le nez quasi-collé au mur, évoquent un temps antédiluvien de la photo.

 

Un point de départ bien loin des polaroïds couleurs que faisait le photographe avant sa mort en 1985, et avec lesquels le Jeu de Paume clôture une exposition classique, mais toute en sensations grâce à la sensibilité assumée de Kertész.

 

 

 

Autre temps, autre genre, du beau cinéma rien que pour vos yeux :  

 

 

También la lluvia, faites-vous votre opinion


Affiche même la pluieL’accroche est déjà intriguante : une équipe de cinéma débarque à Cochabamba en Bolivie, pour diminuer les coûts de production d’un film qui retrace la découverte de l’Amérique par Christophe Collomb, mais va se retrouver au milieu d’une crise sociale impossible à ignorer.

La suite de l’histoire est particulièrement belle et tellement prenante qu’on ne déconnecte pas un moment de ce qui se passe à l’écran.

 

 La réalisatrice espagnole Iciar Bollain, et son scénariste anglais Paul Laverty (scénariste des films de Ken Loach) ont su rendre avec une grande simplicité cette confrontation des genres, pas si incongrue qu’il n’y paraît au premier abord, et qui fait revivre, sur place, la révolte spectaculaire qui a agité Cochabamba en 2000.

 

C’est une honorable conception du cinéma qui se retrouve ainsi à l’œuvre : celle selon laquelle le film doit divertir mais aussi apporter d’autres visions, et déclencher des idées qu’on n’aurait pas eues sans cela.

 

Si vous avez l’intention d’aller voir le film, nul besoin d’en savoir plus pour l’apprécier. Mais dépêchez-vous car sorti en salles mercredi dernier, et sélectionné par l’Espagne pour prétendre à l’Oscar du meilleur film étranger, ‘Même la pluie’ - en version française - n’est projeté que dans 10 salles parisiennes (102 en France, contre le double pour le ‘Somewhere’ de la Coppola, ou 437 pour Virginie Effira avec ‘la chance de ma vie’).

 

 

Pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte des autres, un top cinq de ce qu’on a aimé :


1- les voiles des apparences qui tombent un par un (vous croyiez avoir affaire à un film historique fait bon marché ? à un réalisateur idéaliste ? à un acteur désespérément ivrogne ? etc… attendez donc un peu)

 

2- la façon dont les histoires se font échos : celle du film réalisé avec les coulisses du tournage notamment, donnent des scènes fortement évocatrices et pertinentes,

  Costa Luis Tosar

Luis Tosar

 

3- le jeu de Luis Tosar, couillu et juste à souhait,  


4- les vrais rôles donnés à de vrais amateurs qui ont vécu la vraie histoire (de Cochabamba),  

 

5- les splendeurs et misères de la construction d’un film, car voir comment naît une histoire qui scotche réserve décidément toujours des surprises...

  Sebastian Gael Garcia Bernal

 

                                                    

 

 

 

 

 

 

                                                          Gael Garcia Bernal

Partager cet article

Repost 0
Jilda Hacikoglu - dans Culture
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : ConnexionsS
  • ConnexionsS
  • : Journalisme personnel : informations, histoires et idées. La page "Arménie - FA " regroupe une sélection d'articles déjà publiés (magazine France-Arménie).
  • Contact

Profil

  • Hacikoglu
  • Journaliste contribuant au magazine France-Arménie depuis 2003, et auteur de ce blog créé en septembre 2010. Sur Twitter @HacikJilda
  • Journaliste contribuant au magazine France-Arménie depuis 2003, et auteur de ce blog créé en septembre 2010. Sur Twitter @HacikJilda

Recherche

Archives