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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 14:18

Le plus cosmopolite des comédiens de diaspora présentera cette année le festival international du film d’Erevan. Gérald Papasian animera ‘en mode Babel’ (en 3 langues) les cérémonies d’ouverture et de clôture du 9ème Abricot d’Or d’Erevan, prévu du 8 au 15 juillet 2012.


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Affiche du festival, version anglaise & version originale

 

 

A bien des égards  la dernière édition de ce festival avait résolument confirmé son credo international, et la session 2012 du festival ne déroge pas à ces principes cosmopolites (voir ci-dessous la sélection 2012).

 

Comme un poisson dans l’eau, la présence de Gérald Papasian cette année en tant qu’invité d’honneur pour animer les cérémonies du festival apparaît donc comme une évidence. Dans le petit monde des Arméniens sillonnant la planète comme un second chez eux, ce phénomène tient en effet une place singulière.

 

 

20120511 GP portrait mariejulliard-17-2L’impossible bio express de Gérald Papasian


On pourrait faire un roman de sa vie, pleine d’histoires, de bons mots et d’anecdotes aussi croustillantes que ce personnage : tout a commencé à 14 ans dans son Caire natal en traduisant les aventures de Tintin en arménien pour les monter au théâtre, façon ‘Comédie Française’ (c'est-à-dire non soufflé), par une troupe d’amateurs arméniens.

 

Toutes ses pérégrinations n’ont ensuite été guidée que par son souhait de continuer ce jeu. De villes en continents où il a longtemps séjourné, entre Europe, Etats-Unis et Orient, cet homme de théâtre a choisi la France pour patrie d’adoption depuis vingt ans.

 

 

Là, c'est le metteur en scène Habib Naghmouchin qui le premier lui a donné ses rôles sur la scène parisienne, dans des pièces de Shakespeare. Plus tard sa collaboration avec Irina Brook est devenu un autre formidable pilier de sa vie de théâtre. C'est elle qui lui a taillé des rôles quasi sur-mesure au sein de sa compagnie, et son rôle de Sancho dans le Somewhere la Mancha, adaptation de Don Quichotte reste un sommet.

 

Cette liberté de ton sied bien au rebelle éternel qu’il est, capable de s’enflammer autant pour partager toutes les beautés qu’il voit, que rejeter toutes les dictatures sociales. D’autant qu’en matière de dictature, il a déjà donné dans son Egypte natale, puis en Arménie soviétique où il a étudié pendant cinq ans à l’Institut national du théâtre et de cinéma d’Erevan. Cette faculté de mise en scène ‘unique au monde’ dont Gérald garde un souvenir fort, employait la méthode d’excellence russe pour former de véritables experts du jeu d’acteur et de la mise en scène.


En tous les cas sa joviale bonhomie n’a d’égale que son professionnalisme dans un art auquel il se dévoue entièrement, et avec une connaissance encyclopédique peu usitée des créations arméniennes.

 

Pour toutes ces mises en scène, la traduction d’œuvres en arménien ou de l’arménien vers d’autres langues est d’ailleurs un exercice qu’il a beaucoup pratiqué, avec une rare acuité. Depuis l’adaptation en anglais de l’opéra Anouche d’Armen Tigranian, qui sonne tout autant arménien malgré les paroles américaines (c’était en 1981 au Michigan Opera à Detroit), et jusqu’à son dernier exploit autour des partitions retrouvées du Gariné de Dikran Tchouhadjian.

 

Golden-Apricot 1141 Gariné (mise en scène Gérald Papasian 2011)

 

Tout cela est au service d’un désir de passer le relais : soutenir une création artistique arménienne de niveau professionnel qu’il aimerait voir vivre beaucoup mieux en diaspora. Sa conviction étant que c’est cela qui peut entretenir l’étincelle d’une identité malmenée, mais qui a encore des chefs d’œuvres dignes d’égaler les plus grands.

 

Golden-Apricot 0950Obligé de décliner l’invitation de l’Abricot d’or l’an dernier, pour cause de résidence au Théâtre de  Paris où il jouait les Demetrius et Bottom dans l’adaptation du songe Shakespearien d’Irina Brook, cette année était la bonne pour lui faire tenir ce rôle.

L’acteur/metteur en scène/chanteur/traducteur/adaptateur polyglotte (ouf !) qu’il est, se réjouit déjà à l’avance de cette croisée des cultures où la création d’Arménie et de diaspora partage l’affiche avec les meilleurs professionnels du 7ème art.

 

Demandez le programme : la sélection 2012 de l’Abricot d’or


Car au festival de l'Abricot d'or cette année, la barre cosmopolite est toujours haut perchée. 90 films en compétition, toutes catégories confondues, ont été sélectionnés parmi 1 250 candidatures dans les quatre principales catégories : long métrage de fictions, documentaires, Goriz (qu’on pourrait traduire par ‘noyau d’abricot’) pour les courts métrages, et Panorama arménien.

 

L-exercice-de-l-Etat.jpgAu programme des longs métrages de fiction en compétition, dont le jury est présidé par le réalisateur espagnol Victor Erice, neuf films sont présentés cette année depuis la Pologne, Russie, Suisse, France, Turquie, Estonie, Chili ou Espagne. Deux d’entre eux – L’exercice de l’Etat de Pierre Schoeller, et In the Fog (‘dans le brouillard’) de Sergei Loznitsa, sont les lauréats 2010 et 2011 du prix FIPRESCI du festival de Cannes (prix créé pour soutenir le cinéma de genre, risqué, original et personnel, c’est un aperçu de l’audace qu’encourage l’Abricot d’or).


12 films ont été sélectionnés dans la catégorie des documentaires, et c’est sans doute dans la catégorie Goriz, avec 36 films retenus parmi les 700 candidatures, qu’on rencontre le plus de pays et de continents représentés.


Enfin la dernière mais non moindre est la sélection du Panorama arménien qui regroupe une trentaine de films longs et courts métrage, de réalisateurs d’Arménie bien sûr, mais aussi d’Arméniens venus des quatre coins du globe (France, Syrie, Turquie, Russie, Suisse, Etats-Unis, Canada, Liban et Allemagne). Une diversité à l’image du festival et de la présence de professionnels arméniens en diaspora dans le monde du cinéma international.

 

Le festival programme aussi traditionnellement hors compétition de nombreuses projections sur le thème de rétrospectives, d’hommages spécifiques ou d’avant-premières à Erevan. Avec le label de l’UNESCO donné cette année à Erevan, capitale du livre, le festival prévoit ainsi une programmation fournie autour du thème des adaptions de livres au cinéma.

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Jilda Hacikoglu - dans Culture
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  • Journaliste contribuant au magazine France-Arménie depuis 2003, et auteur de ce blog créé en septembre 2010. Sur Twitter @HacikJilda
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