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Nouvelle née en édition, cette maison se veut fidèle aux principes de son fondateur ; Jean-Jacques Avédissian l’a conçue comme une composition subtile destinée à révéler les perles d’écrits de tous horizons. Sa  première production est un coup d’envoi déjà remarquable.

 

 

  

JJA Editi..L’heureux papa était rédacteur en chef de La Vie Financière, quand le magazine cesse de paraître fin 2008, frappé par la crise. Mais il l’a bien vécu : après une carrière réussie de journaliste financier qui l’a passionné durant 20 ans, Jean-Jacques Avédissian voulait déjà changer de cap.Alors il prend son temps pour chercher la suite.

 

Au terme d’une année sabbatique ponctuée de plusieurs retraites en monastère, il réalise que la publication des mémoires de son grand-père lui ouvre la voie parfaite. Sa prochaine étape sera donc l’édition, mais pas n’importe comment.

 

Il vérifie d’abord l’intérêt objectif du récit, auprès de Raymond Kévorkian[1]. Au vu des premières traductions, celui-ci est formel : l’intérêt est évident (voir notre encadré).

 

Le travail de fond étant déjà bien avancé, il profite de sa pause pour aller en Turquie, Arménie et Iran, sur les traces du grand-père. Le travail pour faciliter l’accès au texte lui fait ensuite découvrir les rouages plus contraignants de l’édition, mais ne rebute pas ce connaisseur des réalités et difficultés économiques. Il rallie divers professionnels qui l’aident volontiers à franchir ce cap.

 

Le nom de Thaddée s’avère ainsi triplement approprié : outre qu’il est l’un des apôtres ayant christianisé l’Arménie, venu d’une Mésopotamie berceau de nombreuses civilisations, Thaddée est considéré chez les catholiques comme l’apôtre des causes difficiles.

 

Un côté universel qui séduit l’aspirant-éditeur, convaincu qu’il ne faut surtout pas se limiter au domaine arménien. Les projets ne manquent pas pour la suite mais la priorité est de garder le même niveau d’exigence, lui dictant d’éditer ce qu’en tant que lecteur il aimerait voir. Pour toujours «instruire sans lasser». Cette maxime est tirée du roman d’un moine, Les marcassins sacrés, qu’il apprécie au point d’en envisager la publication également.



La réédition d’une bonne traduction du roman Samuel, enrichie d’une présentation digne de son auteur Raffi est par ailleurs un de ses projets immédiats - pour qu’au XXIème en France, on puisse enfin connaître ce

 

géant de la littérature arménienne.

S’il n’est jamais trop tard, en l’occurrence ce n’était donc pas trop tôt.



Jilda Hacikoglu

 

www.editionsthaddee.com

66 rue d’Alésia / 75014 Paris



[1] Historien, conservateur de la bibliothèque Nubar à Paris.

 

 

Du gamin d’Istanbul au fédaï d’Ourmia

Mémoires d’un révolutionnaire arménien

 

Onnig Avédissian, Editions Thaddée

 

THADEE 1.main-1Bien qu’il n’y ait rien d’ordinaire dans le propos, on pourrait parler de ‘chroniques d’un fédaï ordinaire’, où sont consignées les tribulations exaltées d’un homme d’une naïveté et sincérité confondantes, en lutte armée contre l’oppression des Arméniens de son temps.

 

Un quotidien d’héroïsme, vécu comme naturel par ces fédaïs mythiques mais bien réels, que les mœurs actuelles peinent à concevoir, tant leur engagement était total, voire extrême par moments. «(…) nous n’avons eu ni le temps, ni les moyens d’écrire la biographie de tous nos martyrs (…). Je ne suis pas écrivain, mais ce n’est pas une raison pour me taire. (…) ».

 

Ce ton volontaire ouvre le récit des 1001 histoires inouïes d’un fédaï échoué à Sarcelles en région parisienne, dans sa petite maison où il commence à écrire en 1926.

 

Dans un flash-back parfois teinté d’interrogations, il démarre à  Istanbul en 1882, quand naît Onnig Charoyan, dans une famille originaire de Van. Son tempérament bien trempé le mène vite à la branche combattante active du parti Dachnak, au point de devoir changer de nom. Il s’établira un temps près d’Ourmia (Irak actuel), toujours aussi prompt à en découdre, au milieu d’Assyriens, de Persans, de Kurdes et d’Arméniens de tout genre (on y retrouve les fameux khatchakogh de Raffi, ces Arméniens spécialistes de l’escroquerie). Tous s’allient ou s’opposent selon les personnalités, pas forcément en accord avec les affiliations claniques. Plus tard il fera le chemin inverse aux derniers jours du génocide, avant l’exil à Paris où il décède en 1933.

 

Les originalités pullulent dans ce manuscrit retrouvé en 2000 après quelques péripéties familiales. Pendant 10 ans Jean-Jacques Avédissian travaille à mieux l’appréhender, avec moult lectures complémentaires et perfectionnements de sa langue maternelle. Clairement, la traduction n’aurait pas suffit car Onnig est surtout centré sur les faits, quand leur contexte méconnu méritait d’être développé.

 

Le récit est donc abondamment annoté, complété par un épilogue rédigé par l’éditeur, et le journal personnel d’Onnig, souvent émouvant. «Plusieurs livres dans le livre», qui éclairent d’un jour nouveau ce qu’on ne nous avait pas habitué à voir ainsi.

JH

Ouvrage disponible en librairie, sur commande, ou en ligne.

ISBN 978-2-919131-00-6/ 24,90 €

  

  

Article publié dans le magazine France-Arménie n° du 362 du 15 mai 2010

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  • Journaliste contribuant au magazine France-Arménie depuis 2003, et auteur de ce blog créé en septembre 2010. Sur Twitter @HacikJilda
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