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Une adaptation truculente, moderne et particulièrement efficace, des célèbres aventures du Chevalier à la triste figure. Interprétation détonante et inspirée, qui n’en finit pas de sonner juste.

 

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Sous la direction d’Irina Brook (multi-primée pour sa mise en scène d’Une bête sur la lune), la troupe réunit une poignée d’acteurs talentueux pour qui chant, danse, mime, acrobatie et autres joyeusetés font autant partie du spectacle. Lancée avec En attendant le songe (adaptation largement applaudie du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare), la compagnie joue aujourd’hui le mythe du célèbre chevalier errant, qui bataille éternellement contre des moulins à vents.

 

Montée dans le cadre du festival off d’Avignon (Villeneuve-en-Scène), la pièce a créé la surprise l’été dernier, avec un succès grandissant par le simple bouche-à-oreille. Elle se joue désormais à Paris, au théâtre des Bouffes du Nord, décor propice à la singularité de la pièce.

 

Ce succès populaire tient aux trouvailles de l’adaptation, mais aussi sans conteste, à l’interprétation endiablée des six comédiens. L’affiche met déjà sur la piste : sur fond de désert jaune vif, une espèce de Lucky Luke s’avance comme hypnotisé, entouré de personnages aux attitudes étranges.

Dans une Amérique des rêves désenchantés, le Don Quichotte d’aujourd’hui, posément aveuglé par ses idéaux de carton (interprété par Augustin Ruhabura), croise sans transition des personnages cauchemardesques ou féeriques, réels ou hallucinés, comme un clown génial (Christian Pélissier), ou une danseuse de flamenco (Lorie Baghdassarian) œuvrant sur un air country ! Som troupe scène

 

La fable délirante de Cervantès est retranscrite avec les codes du héros moderne, qu’Irina Brook a largement pêché dans le cinéma américain et une musique décalée (le Somewhere over the rainbow de l’hawaïen Israël Kamakawiwo’ole ouvre le bal d’une ambiance bluegrass gospel).

Les références affichées vont donc de Platon à Woody Allen, régulièrement cité par l’acteur raté qu’est le fidèle compagnon du héros, le doux-dingue Sancho Panza – interprété par un Gérald Papasian volubile et toujours épatant, dans le comique comme le tragique.

Au final, ce périple à l’humour déjanté et humain opère avec magie pour émouvoir tous les publics, qui savourent là le thème universel du fameux mythe : ce que peut coûter la quête d’idéal, dans un monde loin de l’être.

 

JH

  

Théâtre des Bouffes du Nord jusqu’au 9 mai

37bis bd de la Chapelle, 75010 Paris

Location 01 46 07 34 50 – www.bouffesdunord.com

 

Article publié dans le magazine France-Arménie, n°339 du 1er mai 2009  

 

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  • Journaliste contribuant au magazine France-Arménie depuis 2003, et auteur de ce blog créé en septembre 2010. Sur Twitter @HacikJilda
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