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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 20:35

Ils ne se connaissent pas, mais à leur manière attirante, fine et belle, il et elle sèment leur graine de révolution. Giovanni Mirabassi et Nara Noïan entendent parler aux consciences collectives autant qu’aux cœurs, à travers leur dernier album tout juste lancés et tout deux dédiés aux révolutions.


Mais avant tout, musique Maestro… Car ce sont d’abord des flots de mélodies conteuses d’histoires et d’émotions regorgeant d’espoir qui vous sont proposées.

 

Avec Adelante, Giovanni Mirabassi récidive la résurrection de chants révolutionnaires glanés de par le monde.

Adelante (couv album)

Cette réinterprétation de morceaux devenus mythiques à force d’avoir tant porté les aspirations des peuples, était déjà le principe de l’un de ses meilleurs albums, Avanti ! en 2000. Adelante signifie toujours la même chose, ‘en avant !’, simplement dite en espagnol cette fois pour cause de rachat de droits (dont il se moque aussi un peu ainsi).


Autodidacte du piano, né à Pérouse, Giovanni Mirabassi a su imposer son style ainsi que ses improvisations jazz pleines de beaux coulés maîtrisés, depuis qu’il s’est établi en France il y a une quinzaine d’années.


Giovanni Mirabassi

 

Son interprétation de Gracias a la Vida audible depuis peu sur diverses ondes, est là pour prouver le bien fondé – le bon écho faudrait-il dire – de sa démarche complètement engagée. Exilé de l’Italie de Berlusconi, il est bien placé pour savoir de quoi il parle, et en interview ses propos sont clairs, toujours intransigeants envers les dérives de ce monde.

 

« On manque méchamment d’idéaux » constate-t-il posément, au nom d’un « pragmatisme crégnos », qu’il fustige avec lucidité alors que, il le sait pour l’avoir lui-même expérimenté en concert, « Même si pour les Japonais cette chanson ne représente rien, on peut les fédérer avec le Chant des Partisans » - cet hymne de la Résistance française, dont la mélodie existait déjà lors de la révolution bolchévique russe (interview qobuz audible ici).

 

 

Aperçu du clip Gracias A La Vida


Ces mélodies-là ont donc été sélectionnées pour leur effet particulier : provoquer un souffle d’émotions qu’on ne s’explique pas. Il n’est alors plus tant question de politique, mais de chants ou morceaux que Giovanni Mirabassi revisite au piano, en solo ou accompagné, pour rendre le meilleur de leurs accents volontaires universels, revendicatifs mais avec toute la rondeur qui caractérise son doigté sûr.


N’hésitez donc pas à réviser vos classiques, et savourez les Mirabassiennes versions de l’africaine A luta continua (chanson composée par la sud-africaine Myriam Makeba en hommage au peuple du Mozambique), la française Le Déserteur, ou même de L’Internationale carrément mise en ouverture de cet album de pur piano juste et bellement bon.


Par ici l'information pour les prochains concerts en vue


 

EgypteDavantage tourné vers l’Est, avec Oriental Express Nara Noïan se penche sur les replis de sa propre âme que l’Orient en révolution a bousculée.

 

Née en Arménie, un temps passée en France et désormais installée en Belgique francophone, cette pianiste (elle aussi), compositrice, chanteuse et actrice dédie ouvertement ce troisième album, beaucoup plus personnel que ses précédents (Cristal et Kino) au Printemps arabe.


Touchée par ces évènements, sans être dupe de la fausse ‘accalmie’ ni de la tension prête à éclater à tout instant, elle est partie bille en tête en Egypte cet été pour les appréhender en direct.

 

 

Nara Noïan en Egypte, été 2011

Photo Philippe Simon

 

C’est un monde totalement désorienté qu’elle découvre après avoir enchaîné une Egypte sens dessus-dessous, et l’Arménie (un complet contraire de l’Egypte, ne serait-ce que par la liberté des femmes).

 

Son compagnon Philippe Simon photographe et porteur du projet avec elle, est de plus allé en Syrie pour capter là aussi ce qui s’y passe.

 

L’ensemble de ce projet a abouti à un album généreux et doux, pour lequel les concerts programmés comprennent également une exposition des photos du monde parfois lunaire observé en ces terres d’Orient (prochaine date à Paris le 9 décembre).


Désorienté est bien le maître mot de sa perception, avec l’intuition qu’au-delà du jeu de mots ("puisqu’on dit dés-orienté !"), l’Orient est bien la bonne voie, « Si l’Orient va bien, on ira bien aussi ».


Elle propose donc une ouverture humaine avec cet album joliment intimiste où le piano est roi pour rendre, avec son toucher léger, la douceur et l’harmonie féminine qui caractérisaient déjà sa musique, mais aussi pour créer à l’occasion de quelques compositions particulièrement réussies, un échange profondément sincère et beau avec de talentueux musiciens tunisiens ou arméniens.

 

Oriental Express (couv album)

Dans Karama – La Désorientée Ghalia Benali offre ainsi un chant en arabe classique dont elle est l’auteur, qui se fond en un émouvant dialogue avec les paroles arméniennes de Nara, le duduk de Vardan Hovanissian, et le oud de Moufadhel Adhoum.

 

 

Սիրտդ բաց, պատմիր ինձ քո կեանքը, իմ խեղճ,իմ մոլորուաձ հոգի : 

(Ouvre ton cœur, raconte-moi ta vie, ma pauvre, mon âme égarée)

 


Des révolutions tant vues mises en marche cette année qu’il n’est somme toute pas si anormal de les voir devenir muses musicales. Quelle que soient leur destinées, trahis, bien vite récupérés ou se débattant pour ne pas être spoliés, ces sursauts de révoltes doivent perdurer pour tendre vers un avenir meilleur que ce que le présent réserve à la majorité des peuples.


Ce qui s’exprime naturellement, entre autres biais, par des musiques qui deviennent alors plus qu’inspirées : inspirantes.


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Jilda Hacikoglu - dans Musique
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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 15:20

 Il a coutume de se dire Antillais sur scène, Arménien dans la vie. De fait, celui qui se dévoile dans un nouveau spectacle tout en humour et légèreté, est loin de l’attitude profondément posée qu’il affiche en entretien.

L’Antillais et l’Arménien en lui ne sont alors pas forcément ceux que l’on pourrait croire... Rencontre avec ce métis-sage qui vous veut du bien.

 

Pascal Légitimus (photo Philippe Delacroix)Pascal Légitimus (photo Philippe Delacroix)

 

Dans votre spectacle vous revenez sur le proverbe africain ‘Si tu ne sais pas où tu vas, arrête-toi, et regarde d’où tu viens’. Savez-vous où vous allez Pascal Légitimus ?


 Oui… mon but est d’être humain. S’il y a un diplôme que je voudrais obtenir, ce serait celui-là, et non celui de metteur en scène ou autre. Globalement je pense avoir atteint la moyenne.

J’ai l’impression qu’on n’est pas plus heureux aujourd’hui qu’au Moyen-âge. Les gens sont névrosés et j’ai envie d’égayer tout cela, de l’arranger autant que possible avec mon humour et mon travail. Et je suis heureux quand avec ce spectacle, j’ai par exemple beaucoup de témoignages positifs d’enfants métisses.

 


 Qu’apprenez-vous quand vous regardez en arrière ?


Je ne regarde pas beaucoup en arrière. Je n’en ai pas besoin, car tout ce passé est intégré. J’essaie de vivre dans l’instant présent, et je suis assez conscient de ce que je fais, donc quand j’agis c’est mûrement réfléchi.

 


Quel a été le déclic pour créer ce spectacle maintenant ?

 

Il n’y a pas eu de déclic, c’était quelque chose de constant. Ayant toujours subi des brimades qui me faisaient sentir ma différence, il était évident que j’en parlerai un jour. Là je suis mûr, et le métissage est devenu quelque chose d’assez universel, Obama en est l’illustration.

Pendant des années j’ai pris des notes sur ma famille, il y avait quand même des choses très drôles. Evidemment je ne dis pas tout, mais la musique, la danse et la façon de faire la fête par exemple, très présents dans mon spectacle, sont ce qui peut parler à tout le monde.

 

 

Dans ce nouveau spectacle vous vous dévoilez aussi sur des sujets personnels. C’est courageux mais ce ne doit pas être facile de parler ainsi de soi…

 


Je déteste parler de moi, alors je me suis créé un personnage qui est toujours dans la légèreté, qui s’amuse. A la base je n’aime pas le principe du stand-up, mais pour que cela me convienne le spectacle bouge. Je danse et joue beaucoup de rôles. Par exemple quand j’ai la perruque afro, qui représente mon adolescence, je sors beaucoup de vannes, mais ce sont des choses vraies, dites à travers des humeurs.

 

pascal legitimus et mathida may en rappeurs reference

Dans Plus si affinités,

spectacle qu'il a co-écrit et interprété avec Mathilda May de 2008 à 2010


 

 Que voyez-vous de meilleur et de pire dans vos deux origines, côté Antillais et côté Arménien ?


Chez les Antillais, le pire est peut-être l’atavisme de l’esclavage, qui les rends tristes, inféodés par esprit de revanche, et qui a du m’influencer beaucoup. Le meilleur est leur sursaut de joie malgré tout, un peu comme pendant l’après-guerre, où on ne se prenait pas au sérieux…

Ce n’est pas ce que je vis mais je le comprends. Le côté antillais que je vis est surtout lié à ma famille, la vibration d’aujourd’hui. Je ne suis pas Antillais, j’y vais en vacances, mais je ne suis ni l’un ni l’autre. Je suis moi, déjà.

Côté arménien, le négatif que j’observe est du même ordre, tout ce ressassement du passé, de cette non reconnaissance de la part des Turcs, je le ressens dans la famille. Le positif vient de leur côté plutôt artisan, besogneux, avec le sens de la famille. C’est d’ailleurs pourquoi je dis être Antillais sur scène, et dans la vie Arménien, c'est-à-dire calme, détendu, réfléchi, et beaucoup plus intériorisé.

 

 

Comment avez-vous écrit et préparé ce spectacle ?


J’ai commencé par écrire mon histoire, et avais ainsi trois heures de spectacle. Mon metteur en scène (Gil Galliot) l’a retravaillé, lui donnant la forme et la dynamique actuelle, sur une heure quarante environ. Deux amis humoristes (Rémy Caccia et Arnaud Gidoin) ont ensuite rajouté des blagues là où ce pouvait être trop sérieux.

 

Sandrine Bonnaire & Pascal Légitimus (Demandez la permissiDans  Demandez la permission aux enfants (2007)

 Film d'Eric Civanyan (ami et complice de scène depuis le lycée) avec Sandrine Bonnaire

 


Un travail d’écriture important transparaît dans votre spectacle, au-delà de l’humour vous avez des choses à dire et soignez donc aussi le fond…


Au départ je n’ai pas été formaté pour être drôle, je voulais être acteur. Mais faire rire les autres est une manière de se faire accepter plus facile. Depuis j’ai fais énormément de choses (pour le théâtre, la télévision, le cinéma) mais dans mon jeu, il y a toujours une profondeur et mes choix artistiques se fondent sur ce postulat.

Avec l’écriture c’est  pareil, au début ce que j’écris n’est pas drôle. Je l’arrange après, avec l’humour, qui me semble très important : c’est comme la vaseline qui fait mieux passer les choses et ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir cette liberté. Comme Michel Sardou qui se fait convoquer à l’Elysée parce qu’il a critiqué le Président, mais où va-t-on ?

 


Quelle est selon vous la clé de votre succès ? Ce qui fait que de Laurent Ruquier à Mathilda May en passant par Antony Kavanagh et beaucoup d’autres encore, on vous a toujours sollicité ?


Ma capacité à me mettre au service, un côté transmetteur, coaching. J’ai le sens de l’harmonie : quand on me montre une photo, une affiche, ou une chanson, j’arrive à rétablir la ‘normalité’, ce qui doit être. C’est un sens du partage et l’esprit d’équipe aussi, et je suis assez inventif. J’ai beaucoup d’idées sans avoir trop d’ego ; je peux m’effacer ce qui est le contraire de certains metteurs en scène dont on voit trop les ficelles.

Bizarrement on est toujours venu me chercher, et c’est vrai que tous ces gens ont marché pas trop mal. Donc je dirai que ce qui fonctionne c’est le fait d’être à l’écoute, et d’aller dans le sens de ce que veulent les gens. Je comble les lacunes ou les carences, un peu comme une vitamine.

 


Quel regard portez-vous sur votre aventure avec Les Inconnus ?


C’est plutôt génial, on a fait tellement de choses, avec un succès et des taux d’audimat incroyables… Chacun avait envie de développer son jardin personnel mais nous ne sommes pas séparés d’esprit. On est toujours amis et on vit chacun à notre rythme. On a aussi envie de prendre notre temps pour préparer notre retour de la meilleure manière.

C’est une fierté d’être ainsi membre d’un groupe, d’une famille qui est autant aimée du public. On n’est pas des ‘has been’, mais des ‘will be’.

 

Les 3 frèresPascal Légitimus, Didier Bourdon et Bernard Campan 

(  Le fameux trio des Inconnus dans leur premier film Les Trois Frères - 1995)


Y-a-t-il autre chose que vous souhaiteriez ajouter ?


Oui, je suis ravi de voir des Arméniens et des Antillais dans la même salle, c’est un beau changement par rapport à mon histoire où il n’y avait que deux personnes arméniennes dans ma famille (ndlr : dont sa mère, au mariage de ses parents seul le père de celle-ci était présent). D’autant plus que c’est ma mère qui a dragué mon père, ce n’était pas le black qui a voulu une petite brune.

 


Comment s’étaient-ils rencontrés ?


Mon père était musicien, et elle a du le voir une fois puis est revenue pour lui parler. Ce qui est drôle, c’est qu’Henri Salvador qui a toujours été mon idole, un modèle, s’est marié avec une Arménienne aussi, mais eux n’ont pas eu d’enfants (ndlr : Jacqueline Garabédian, sa seconde épouse de 1950 à 1976 date du décès de celle-ci). Cette coïncidence est pour moi frappante, avec cet artiste métis que j’admirais. Une preuve que tout était possible aussi pour un métis comme moi.


Propos recueillis par Jilda Hacikoglu

 

Interview à paraître dans le France-Arménie de novembre 2011

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Jilda Hacikoglu - dans Spectacle
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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 14:04

Scène Alone Man Show« Ce n’est pas un coming out, mais plutôt un starting black teinté de white spirit ». Dixit Pascal Légitimus, dans son très spécial Alone Man Show.

 

Depuis le 11 octobre dans la salle du Palace à Paris, Pascal Légitimus est pour la première fois seul sur scène, précisément pour parler de ses origines mélangées.

 

La couleur de sa peau fait de son côté antillais une évidence. Même s’il ne l’a jamais caché, on sait pourtant moins que ce fils de l’acteur et musicien de jazz Théo Légitimus (« un black vraiment très très noir »), petit-fils de l’actrice Darling Légitimus (une grand-mère aux histoires de scène mythiques), a pour mère Madeleine Kambourian, l’Arménienne brune au teint de lait.

 

Tout aurait pu être bien pire cependant, puisque l’aîné des quatre enfants nés de cette union très mal perçue à l’époque, s’appelle Pascal, un prénom bien français, alors qu’il aurait pu tout autant être baptisé Archavir qu'Houphouet…!

 

C’est le genre de joyeusetés mi-figue mi-raisin que l’on vit dans ce spectacle centré sur le métissage peu banal de Légitimus. Prenant toujours le parti d’en rire sans sombrer dans les drames des deux peuples, ce spectacle d’humour est un défi permanent, surprenant.

 

Avec trois siècles d’esclavage d’un côté, un génocide toujours renié de l’autre, il en est assez des larmes : voyez plutôt comme vous riez !

 

Grâce à une écriture savamment soignée d’abord. Les jeux de mots et les bons mots d’une efficacité redoutable fusent : le ‘métis-sage’ repris dans notre titre vient par exemple de lui, tout comme l’adaptation d’une magistrale tirade à la Cyrano de Bergerac, où Légitimus s’insurge contre la médiocrité de l’insulte faite, non à son nez… mais au nègre.

 

Grâce à la mise en scène ensuite, faisant une large place à la musique, aux projections vidéo et aux effets de lumières dynamisant le ton.

 

Grâce à Pascal Légitimus, enfin et surtout, qui tout au long de ce spectacle endosse les rôles les plus farfelus jusqu’aux plus émouvants (Moïse revenant avec les tablettes des Dix Commandements, l’oncle arménien, ou la tantine créole), sans se départir d’un humour salvateur, qui fait du bien.

 

Un humour jamais idiot, jamais méchant, mais toujours plein de sens et de finesse, dans un monde de brutes il faut bien le dire. A savourer et méditer, même longtemps après avoir battu des mains au rythme des kotcharis clôturant cet alone man show décidément pas comme les autres.

 

Affiche Alone Man Show

 

 

Article à paraître dans le France-Arménie du mois de novembre 2011 

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Jilda Hacikoglu - dans Spectacle
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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 18:00

Le constat est certes macabre mais bien réel : rien de tel qu’un décès pour amplifier une légende. Or le fond de vérité des légendes est toujours plus mitigé que leur patine mythique.

 

Double illustration ce mois-ci avec une nécrologique concomitance, et non des moindres, pour deux grands noms au succès planétaire : Steve Jobs et Göksin Sipahioglu, respectivement fondateurs d’Apple et de l’agence de photojournalisme Sipa Press, se sont tous deux éteints le cinq octobre dernier.

 

Courbe de succès déclinante et âge avancé aidant pour l’un (Sipahioglu avait 84 ans et depuis qu’il a vendu Sipa Press en 2003, l’agence n’a plus le prestige de ses années les plus folles), on a davantage entendu parler de Jobs, plus précocement décédé à 56 ans, au moment où Apple semble à son apogée.

  Steve jobs

 Steve Jobs présentant l'i-pad 

 

Coïncidence nécrologique surprenante, pour les personnalités tout sauf banale de ces fondateurs zélés et exubérants de charisme chacun en leur domaine. Animés d’un feu hors du commun pour sortir des sentiers battus, ils étaient tous les deux connus pour s’acharner là où personne d’autre n’allait, avec une audace effarante, et récoltant un succès tel qu’on en a fait des légendes.

 

Evidemment, ce qu’on entend moins lors des oraisons funèbres, c’est le revers de ces réussites spectaculaires.

 

Dans le domaine du photoreportage, l’obsession du scoop à tout prix de Sipahioglu avec Sipa Press, a sans doute poussé à la surenchère de l’image et son exploitation outrancière, loin du simple témoignage que la discipline visait par nature.

 

Sipahioglu devant l'une de ses plus célèbres photo (mai 6

Sipahioglu devant l'une de ses plus célèbres photos de mai 68

 

Il est d’ailleurs significatif que Sygma et Gamma, les autres plus grandes agences de photoreportage parisiennes, à l’aura mondiale et créées à la même époque que Magnum qui survit encore, ont toutes été rachetées depuis lors par les multinationales vampirisantes.

 

Sipa avait été la dernière à résister au rachat, et encore l’agence avait-elle dû pour ce faire, frayer avec la télé-réalité, et investir le champ beaucoup moins glorieux des people.

 

Le côté un peu voyou pour attraper le scoop, collectionneur de femmes, et peu regardant pour respecter les règles françaises du droit du travail envers ses salariés, étaient aussi les autres traits marquants de l’oriental Sipahioglu, par ailleurs très apprécié dans la profession pour son culot. Le prix du succès ?

 

john-lennon-yoko-ono-01

Yoko et John Lennon à Paris, immortalisés par Sipahioglu 

 

Quant à Steve Jobs, sa ténacité était intarissable, voire outrancière au point de le faire virer de sa propre boîte en 1985 par le commercial qu’il avait lui-même débauché de Coca-Cola, pour cause d’entente devenue incompatible au sein du groupe.

 

Apple est aussi un empire qui s’organise fondamentalement sur l’enfermement du client : les produits de la marque sont les seuls compatibles avec les logiciels et autres applications gadget de la série des i (i-pod, i-tunes, i-phone, i-pad).

 

Le nouvel album de Björk utilise déjà cette tendance à l’avant-gardisme et prévoit une nouvelle manière de découvrir la musique de l’extra-terrestre chanteuse islandaise, avec l’application pour i-phone et i-pad de Biophilia

 

Biophilia Björk

 

Mais si Jobs a contribué à rendre possible la présence d’un ordinateur personnalisé chez tout un chacun, c’est donc aussi en recherchant sciemment cet enfermement des utilisateurs.

Le succès sourirait-il à ceux qui sont toujours dans le too much ?

 

Hommage Commercial FNAC

Hommage marketing de la FNAC au lendemain du décès de Jobs

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Jilda Hacikoglu - dans Société
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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 19:07

Arden ArapyanOyez... Tout droit venu du Canada, ce jeune pianiste de jazz joyeusement latino donnait son premier concert parisien le 18 septembre : un doigté frais à suivre.

 

Ignorer les frontières est une seconde nature pour Arden Arapyan. Né au Québec, de parents nés en Turquie, il baigne depuis toujours dans une culture arménienne, mais aussi internationale musicalement, et se sent tout autant Cubain quand il fait vibrer un piano aux sons salsa.

 

Ce pianiste-compositeur qui a choisi le jazz sur le tard pour toucher à tous les genres musicaux, a sans trop savoir pourquoi une nette prédilection pour la musique cubaine, qu’il mêle sans complexe à ses compositions (échantillons sur myspace ici).

Arden Arapyan sur la scène de l'UGAB à Paris


Sans doute l’énergie swinguée de ces airs correspond bien à son tempérament rieur, révélé lors de son premier concert à Paris, accompagné du batteur Didier Guazzo, du contrebassiste Tony Bonfils, et du saxophoniste Christophe Nègre (musiciens habituels de Charles Aznavour).

 

Sur scèneArden Arapyan, Tony Bonfils, Didier Guazzo et Christophe Nègre,

sur la scène de l'UGAB Paris

 

Résultat : il compose des morceaux de jazz latino qui donnent envie de savoir danser la salsa (El Rey Leõn, Dos Pasos), ou revisite avec énergie les morceaux arméniens où il sent un potentiel jazzy selon lui indéniable, que ce soit une suite romantique de Mascarade entendue chez Aram Khatchaturian (avec Romance), ou une chanson de Noël traditionnelle (Donadzar).

 

Sans chercher d’obscure explication conceptuelle, il improvise et joue simplement comme il est : heureux d’être là, comme l'atteste l'une de ses compositions tout bonnement intitulée Ain’t got no blues.


En pur produit du métissage culturel typique de diaspora, Arden Arapyan a ceci de particulier que chez lui aucune influence ne semble étouffer l’autre. Cela lui a probablement valu la préférence de plus d’un jury de concours séduits par l’originalité de ses compositions jazz teintées d’inspirations arméniennes et latinos : dès 25 ans il décroche le premier prix du concours Propulsion Jazz de la station de radio montréalaise Planète Jazz en 2007, puis le Grand Prix Jazz GM au Festival International de Jazz de Montréal en 2008.


Self présentation

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Arden avec les musiciens de Paris

 

Parfaitement arménophone, ce Québécois a l’habitude de faire ses bœufs musicaux en parlant indifféremment arménien, français ou anglais, selon les nombreux groupes où il joue : orchestres de salsa, de jazz, de chanteurs arméniens (Paul Baghdadlian, Adiss Harmandian et plus récemment Marten Yorgantz), ou encore avec sa propre formation.

 

Celle-ci est d’ailleurs un bon résumé des tendances musicales multiples qui l’inspirent, puisque le darbouka oriental de Charbel Akiki et autre congas du percussioniste Kiko Osõrio y tutoient le saxophone de son accolyte cubain Giovany Arteaga, tout comme le duduk de Vagharshak Adamian, en toute simplicité.

 

Album Vahak

Lancé en mars 2011 à Montréal, avec cette formation riche en couleurs, Vahak est  son premier album.

 

Ce titre intriguant est le prénom de son père, l’un des piliers de sa vie auquel il rend ainsi hommage, tout en enchaînant originalement les pas pour tracer sa voie.

 

 


 

Photos Juan-Jose Delhom Fuertes

(18 septembre 2011 concert à l'UGAB-Paris) 

 

 

  Au concert de lancement à Montréal, avec sa propre formation


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Jilda Hacikoglu - dans Musique
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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 22:09

La fameuse « extase cosmogonique » de Dali a laissé des traces à la gare de Perpignan.

 

Entre deux arcades sur les quais de l’ancienne gare, on y trouve de surprenantes citations d’un des peintres adulés les plus délurés du siècle dernier (photo ci-après).

 

Gare de Perpignan Dali

« C’est toujours à la gare de Perpignan, au moment où Gala fait enregistrer les tableaux qui nous suivent en train, que me viennent les idées les plus géniales de ma vie.

Quelques kilomètres avant déjà, au Boulou, mon cerveau commence à se mettre en branle, mais l’arrivée à la gare de Perpignan est l’occasion d’une véritable éjaculation mentale qui atteint alors sa plus grande et sublime hauteur spéculative [...]


Eh bien ce 19 septembre [1963], j'ai eu à la gare de Perpignan une espèce d'extase cosmogonique plus forte que les précédentes. J'ai eu une vision exacte de la constitution de l'univers. L'univers qui est l'une des choses les plus limitées qui existe serait, toutes proportions gardées, semblables par sa structure à la gare de Perpignan. » 


Depuis, pour Dali, la gare de Perpignan n’est rien moins que « le centre de l’Univers », ce qu’il répétera avec le plus grand sérieux tout au long de sa vie. Il a d’ailleurs consacré une toile immense  au sujet, avec toute l’opiniâtreté démente qui lui est propre.

 

salvador-dali-galatee-aux-spheressalvador-dali


 

>> Galatée aux sphères (Dali)

 

 

 

 

 

 

 

 

Salvador Dali<<

 

 

 

 

Plus terre à terre, on rappellera tout de même que reliée par chemin de fer à Figueras, ville natale de Salvador Dali, la gare de Perpignan a été le lieu d’où partaient, à partir des années cinquante, la plupart de ses toiles pour des clients du monde entier, évitant ainsi les contrôles contraignants du franquisme.


Outre la ligne de TGV qui la dessert désormais, depuis Paris et jusqu’au terminus de Figueras, la gare de Perpignan a fait peau neuve. D’un côté les quais anciens avec leurs arcades typiques et leurs citations daliesques plus atypiques donc, et de l’autre, au bord de quais flambants neufs, un complexe commercial et hôtelier haut en couleurs vives ressemblant à un lego multicolore géant, modestement dénommé « el centre del món », en référence à la « paranoïa-critique » du Catalan Dali.


Résultat : même dans un wagon bondé typique de mi-août, l’estivant peut s’évader du commun. Douce France…


D’ailleurs, dans la foulée, le même estivant tentant de se faire une place dans le wagon bondé qui remonte de Perpignan vers Montpellier, peut tomber nez à nez avec un certain Mathieu Madénian.

 

Mad Mathieu

Mathieu Madénian

 

Cet humoriste natif de Saleilles dans la banlieue de Perpignan, se présente alors aussi comique dans le monde réel, qu’il ne l’est sur scène : quand il arpente le quai derrière sa valise dans un sens, puis qu’il le parcourt de nouveau dans l’autre sens, toujours derrière sa valise, pour enfin trouver sa place dans le train pour Lyon à la correspondance de Montpellier. On pourrait croire à un sketch, mais c'est bel et bien réel, et drôle sans préméditation.

 

En tout cas depuis qu’il a lâché sa robe d’avocat pour monter à Paris et changer de vie, ce comique connaît une ascension plutôt fulgurante.

 

D’abord voix off pendant trois ans dans la série Un gars, une fille, il rencontre Kader Aoun, ancien auteur et metteur en scène de Jamel Debbouze, également auteur de nombreuses émissions délurées de Canal +, avec qui il prépare un one man show qui finira par faire du bruit.

 

Armé de son accent du sud, il investit en 2009 le Paname, salle du 11ème arrondissement de Paris, avec un humour façon machette. Les vannes y sont taillées plus vite que le temps d’en rire, ce qui le conduit de prolongations en prolongations, jusqu’à la scène du Point-Virgule, puis plus récemment jusqu’aux plateaux de télévision mais aussi de radio de Michel Drucker où il intervient désormais régulièrement.


Pour ceux qui ne le connaissent pas déjà, il y a fort à parier qu’ils passeront un bon moment en le découvrant sur la scène du Théâtre Trévise, où il sévit de nouveau depuis le 15 septembre dernier, en reprenant le one man show de ces débuts poilants.

 

De la cosmique gare de Perpignan, au comique de Perpignan, on arrive donc bien.  


Affiche Mad Mat

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Jilda Hacikoglu - dans Spectacle
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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 20:04

Aussi différents soient-ils, un tableau et un roman sont très semblables. La preuve par deux romans parmi d’autres, consacrés à cet art visuel où regarder est aussi une lecture. 

 

Metin ArditiLe Turquetto, dernier roman de Metin Arditi, est l’une des nombreuses nouveautés de la rentrée littéraire 2011.

 

Discret monsieur né en 1945 à Ankara (Turquie), très tôt envoyé en Suisse pour son éducation, devenu homme d’affaires, mécène puis écrivain sur le tard, Metin Arditi ne cesse depuis 1998 de publier dans la langue de Molière.

 

Il a notamment la capacité d’évoquer en peu de lignes mais beaucoup d’efficacité, et même d’immédiateté, l’intimité subtilement dévoilée de personnages au destin souvent loin de l’ordinaire (La fille des Louganis, L’imprévisible, Victoria Hall).

 

Arturo Pérez-ReverteLe peintre de batailles, plus ancien, est un roman sorti en 2006 d’Arturo Pérez-Reverte, l’un des plus importants écrivains espagnols contemporains.

 

Auteur de la série des Capitaine Alatriste, on lui doit aussi Le tableau du maître flamand, Le cimetière des bateaux sans nom ou La Reine du Sud. Né en 1951 à Carthagène (Espagne), il a été reporter de guerre durant près de vingt ans avant de se lancer dans l’écriture, lui aussi sur le tard.

 

Ses succès de plume le conduiront jusqu’à l’Académie Royale Espagnole des Lettres dont il est membre depuis 2003 (sorte d’équivalent de l’Académie Française). Le monde de ses romans est plutôt celui de l’aventure, contemporaine ou historique, sans panache superficiel, mais avec une originale dignité qui se maintient difficilement dans une réalité rude.

 

Ces auteurs très différents ont tous deux déjà consacré de précédents romans à des toiles, et ils ne sont ni les premiers, ni les derniers à le faire, vu la force évocatrice que peut recéler un tableau. S’arrêter sur ces deux livres-là permet néanmoins d’insister sur ce qui rend possible ce pouvoir d’évocation, et qui se fait de plus en plus rare aujourd’hui : savoir regarder.

 

Couv Le Turquetto Actes SudDe Constantinople à Venise, Le Turquetto suit l’histoire d’un peintre exceptionnel, né Juif dans un empire musulman où seule la religion orthodoxe l’autorise à pratiquer son art.

 

Un art où il excelle à reproduire les secrets de l’âme et de la vie, car il a la faculté de les percer d’un seul regard chez ses semblables. Interdit de dessiner ou peindre, ce qui est clairement sa vocation, il s’enfuit à Venise où il devient l’élève du maître Titien, qu’il finira par égaler, et même dépasser avant que son  histoire ne le rattrape.

 

Très simplement racontée, toujours au plus près de l’intimité des personnages, et sans lourdeur historique particulière, cette belle histoire parvient même à faire planer un doute sur la paternité d’un tableau de Titien exposé au Louvre : L’Homme au gant.

 

Aux plus curieux qui voudraient connaître le fin mot de l’histoire, on recommande cette interview de la radio suisse-romande où l’auteur révèle ce qu’il en est vraiment.

 

Ce que l’on en retiendra surtout ici, c’est la remarquable mise en avant de ce qui fait d’un tableau une œuvre majeure : quand son génie vient de l’histoire qu’il peut conter d’un bout à l’autre, en une seule image pourtant figée.

 L'homme au gant

L'homme au gant, Titien (Louvres)

 

Mais pour que cela soit possible, encore faut-il regarder réellement, et ne pas se contenter de faire glisser les yeux sur tout. Or c’est précisément ce que notre société bombardée d’images à grande vitesse nous habitue à faire, dans une course à la surenchère spectaculaire pour que l’on s’y arrête enfin.

 

Il est intéressant de voir comment le parcours du Turquetto, rappelle ce constat simple sur cinquante ans, trois religions et autant de vies vécues en plein 16ème siècle, pour boucler la boucle et coller au présent.

 

Couv Le peintre de batailles PointsDans une tout autre veine, ce rappel fondamental est au cœur d’une autre très inhabituelle histoire que propose Arturo Pérez-Reverte dans Le peintre de batailles.

 

Faulques est un ancien photographe de guerre qui a pris sa retraite, et s’attelle à résumer toutes les guerres du monde, dans une fresque peinte sur le mur intérieur d’une tour de garde abandonnée.

 

En Andalousie, au bord de la côte Atlantique sud de l’Espagne, près d'une plage baignée de soleil, il peint la vision parfaite et complète des conflits, que pendant trente ans de travail, la photographie n’a jamais pu lui apporter. Quand débarque Markovic. Un combattant croate qu’il avait photographié en pleine débâcle militaire, et qui vient lui apprendre certaines des conséquences de cette photo sur sa vie… pour ensuite tuer le photographe-peintre de batailles.

 

Le roman tourne autour du face à face entre ces deux personnages et leur passé, lourd d’un sacré passif d’horreurs. Là encore, mais sur un récit plus long et conceptuel que Le TurquettoLe peintre de batailles donne à voir tout ce que l’on peut saisir en un fugace instant, quand des coïncidences inconcevables se réunissent soudain dans un tableau parfaitement construit et pensé.

 

Entre autres variations infinies sur ce même thème et instructives opinions, on y trouve d’originales présentations des plus grands peintres de bataille (Goya, Brueghel, Uccello…), spécialisation révolue aujourd’hui et mal « remplacée » par la photographie de guerre selon le personnage de Faulques.

 

El Tres de Mayo, Francisco de Goya, Prado

El tres de mayo, Francisco de Goya (Prado) 

 

On y redécouvre de plus comment celui qui regarde est également acteur de ce qu’il voit. Ce peut-être a minima dans la mesure où cette vision subjective impacte l’histoire qu’il croit voir de l’extérieur. Mais aussi au maximum quand les images sont détournées pour manipuler l'opinion jusqu'à inverser les rôles.

 

Pour le reste, Le peintre de batailles achève honnêtement une boucle, triste vu le sujet mais surprenante par son dénouement, qui aura eu le mérite de faire s’arrêter judicieusement sur notre façon d’observer, de comprendre et réagir parfois, pour essayer d'y trouver comme on peut des consolations.

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 10:00

Saint-Pancras The meeting statueEn quittant Paris sous la grisaille en juillet, on peut arriver à Londres sous le gris aussi.

 

A la différence près qu’à Londres, cette grisaille est vite compensée par les couleurs chaudes des briques de la magnifique gare Saint-Pancras, terminus de l’Eurostar Paris-Londres, des bus impériaux, des taxis toujours beaux et ronds, et même du Tube (ce mini-métro londonien).

 

Tout est en couleur, dès l’arrivée : les bus sont rouges pour la plupart, le Tube est jaune avec l’air d’un jouet comparé à notre métro parisien, et les taxis ont un espace intérieur énorme.

 

St Pancras station - the meeting statue

(photo wikipédia)

 

On l’aura compris, dès les transports, Londres y va fort, et ce n’est pas près de s’arrêter avec la préparation des Jeux Olympiques de 2012.

 

Pour en profiter sans se ruiner, privilégier la carte de transports Oyster Card.

Vous pouvez vous y prendre à l'avance en l'achetant sur le net, mais sinon au point informations de Saint-Pancras, les guichetiers vous conseillent très bien sur la validité optimale à prendre selon la durée de votre séjour.

 

Avec Oyster, Londres est à vous, à pied ou  sur roues, selon vos goûts et la météo, pas toujours aussi grise qu’on ne le pense. S’il s’avère qu’à la fin vous avez davantage marché que roulé, en partant on vous rembourse le crédit que vous n’avez pas utilisé, ainsi que la caution de 5 £ qu’il faut payer en prenant la carte.

 

 

Où se poser ?


Testé et approuvé, le Cherry Court Hotel est recommandé pour l’accueil chaleureux (merci Mrs Patel !), l’emplacement (quartier autour de Victoria’s station, calme, sympa, près du centre et des transports) et les chambres (petites mais propres et confortables).


Attention cependant, pas de petit déjeuner en salle : seuls un panier de fruits et une bouilloire sont dans votre chambre pour assurer un minimum le breakfast. Si votre estomac réclame un vrai petit-déjeuner anglais, il y a beaucoup de bonnes adresses à proximité pour rassasier vos envies salées ou sucrées.

 

Comme dans beaucoup de points centraux à Londres, les alentours de Victoria’s station regorgent en effet d’endroits où se régaler, comme le Pimlico Fresh avec son menu inscrit au tableau noir sur tout un mur de la salle.

 

Brunch time sur Vauxhall Bridge road

La façade du Pimlico Fresh, se réflétant dans la vitrine de l'autre côté du trottoir...

 

On se sent très bien à cette adresse où l’on vous conseille surtout les petits-déjeuners savoureux, avec leur thés délicieux, leur confitures maison ou leur omelettes chaleureuses.


Toujours dans le coin, à deux pas de l’hôtel en fait, le St Georges Tavern est un pub où il fait bon manger ou boire en toute simplicité.

 

Une fois repu, flânez donc dans les beaux parcs de Londres : le géant Hyde Park, voisin de Kensington Gardens ou Saint-James’ Park près de Buckingham sont particulièrement agréables si la météo est clémente.

 

Les oies de St James's

St James' Park

Hyde ParkKensington Gardens une vue champêtre

Hyde Park, côté sud

                               Au coeur de Kensington Gardens

                   

Grands et avec des ambiances différentes, on y oublierait presque la proximité toute proche de la ville au milieu de laquelle on est pourtant, plaisir purement citadin.


Moins calme, les Covent Garden, Brompton Road (luxe), Oxford Street (bain de foule ahurissant garanti en période de week-end ou de soldes) ou les puces de Camden sont là pour prouver que quelque soit votre bourse, le Royaume-Uni est bien le royaume du shopping. On y constate comme une évidence que les Anglais sont définitivement un peuple de commerçants.


Il n’est pas rare de trouver plusieurs boutiques de la même chaîne dans une même rue, et certaines divines spécialités ont même leur temple. Il en est ainsi avec le thé, chez Fortnum & Mason, of course. Dans ce paradis des amateurs de thés, situé sur Picadilly (en face de la Royal Academy), vos sacs perdus peuvent même être retrouvés par le portier qui vous guide jusqu’au PC sécurité pour récupérer votre bien, contre décharge dûment signée au barraqué mais toujours courtois Monsieur Sécurité.


Entre les murs, il y a aussi l’incontournable British Museum (gratuit et où on se poserait volontiers pour buller), les librairies Waterstones (idem), le self de Mark & Spencer sur Oxford Street (parfait quand on est usé de courir les boutiques), ou les cappuccino qui sont plus souvent réussis qu’à Paris (par exemple dans les chaînes Costa, Caffè Nero…).


British Museum - entrée

Entrée du British Museum, vue de l'intérieur


Last but not least, loin de là : les quais réaménagés aux portes du territoire de la City, dans le district de Southwark. Avant d’aller s’aérer sur ces quais, posez vous un peu sur les marches de la Saint-Paul’s Cathedral, particulièrement accueillantes quand le soleil a écarté les nuages.

  

Tower Bridge et ses couleursTraversez ensuite le Millenium Bridge, jusqu’au musée d’art moderne et dirigez-vous via l'eau, vers le Tower Bridge, en passant devant le Shakespeare Globe (théâtre où jouait les pièces dudit), les pubs de bords de Tamise, la cathédrale de Southwark et ses alentours, Borough Market et ses pubs bondés du vendredi soir.

Revenez sur vos pas si un pub vous a tenté plus qu’un autre et savourez-y le temps qui passe avec une pinte (un must bien meilleur que la relève de Buckingham).

Tower Bridge  

Street Art, sous un pont - Southwark

 

 

 

 

 

 

 

 

<< Street art signé spok.es, sous un pont de Southwark 

 

 

 

   

  

Musiciens sur un quai de Southwark près du Shakespeare's G  

 

 

 

 

 

 

Sympathiques musiciens de quais, près du Shakespeare Globe >>

 

 

 

 

 

  La cathédrale de Soutwark regarde le futur en face

 

 

 

 

 

 

 

 

<<Cathédrale de Southwark toisant la modernité, et vice-versa

 

 

 

 

 

 

 

Loin d’être exhaustive, ces suggestions sont juste faites pour convaincre d'aller y faire et refaire quelques tours. Evidemment les suggestions peuvent toujours être complétées !

  Deux pintes sur un quai de Southwark cheers !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Photos JH - Londres Juillet 2011

(Sauf Gare de St Pancras)

 

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Jilda Hacikoglu - dans Monde
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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 17:04

Les roues de la ville

 

Man in a bus looking Westminster Parliament

 

Il vient d'un haut plateau pour aller là où la voie de la sagesse voudra bien le mener...

 

En attendant, ce Tibétain a gardé son crane rasé mais a troqué son habit orange pour un costume civil et emprunter, toujours avec étonnement, le n°24 qui passe devant Westminster, ce bus impérial de ses trajets londoniens quotidiens.

 

A côté, son voisin s'efforce de puiser dans un livre la sagesse qui le guérira d'une fumeuse addiction :

 

Trying to stop smoking in a bus

 

Absorbé par sa lecture, il en oublie son arrêt devant le fameux Albert, un pub en brique rouges reconnaissable entre tous, car il résiste fièrement, solitaire au milieu des immenses tours environnantes.

 

C'est pourtant là dans ce pub coloré qu'il pourrait avoir les pintes capables de tout lui faire oublier !

 

 

Mister Cool lui, se donne à ses deux addictions sans complexes :

 

Hyde Park Mister Cool in action

 

Pourquoi choisir entre la cigarette et les roues quand on peut si bien faire les deux ensemble à Hyde Park ?

 

Une seule limite cependant, au code moral de ce preux gentleman sur roulettes : ne volez pas mon âme en me photographiant, vous qui me visez !

 

Hyde Park Mr Cool don't want to be paparazzied

 

Le peintre de Big Ben n'a pour sa part pas ce principe mystérieux.

 

Inlassablement il peint, une clope à la main, et le pinceau dans l'autre, sans jamais refuser de sourire pour les touristes qui dégainent illico leurs objectifs en le voyant.

 

Le peintre de Big Ben avec sa cigarette

 

Allez savoir pourquoi, on préfère pourtant cette image volée de lui.

 

Volée tout comme l'est celle de cette petite famille voyageant endimanchée dans le fameux tube :

 

Family in the Tube

  

Car c'est peut-être là qu'on reconnaît les délices de la vie de famille...

 

Ce ne serait pas à ses deux soeurs qu'on aurait besoin de le rappeler.

 

Voilà la vie sans soeur :

 

Elle attend...

 

 Et celle beaucoup plus sympathique, avec la soeur et sa fleur d'amitié :

 

... sa soeur pour rigoler!

 

 

On aurait encore beaucoup d'histoires à raconter, mais laissez d'abord votre imagination travailler sur celles-ci.

Si vous êtes sages et inventifs comme Jean-François, peut-être en lirez vous d'autres ici...


 


Photos JH - Londres Juillet 2011

 

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Jilda Hacikoglu - dans Monde
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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 21:18

So British

 

 

 

 

Typically British, Londres est une ville qui grouille aussi d’une faune passionnante à observer.


Prélude à un futur article qui suggérera quelques bonnes adresses et jolis coins où savourer le temps qui passe dans cette île-capitale, voici une première série des mille et une histoires chipées à Londres et visibles un peu partout.


Le temps d’un coup d’œil, laissez votre imagination inventer la suite…  

 

 

 


Ring, ring, ring my cell phone keeps ringing

Pub de Borough Market et les ravages du portable


Les ravages de la communication moderne dans ce pub, un vendredi soir à l’heure du coup de feu :


Blond à lunettes n°1, debout à l’angle : « Mais oui je suis déjà arrivé aussi, je suis dehors, à l’angle, et toi ? »


Blond sans lunettes n°2, penché à droite : « Mais où à l’angle ?!? J’y suis aussi moi ! ».

 

 

 


Stairway to heaven

Hypnotising Kamill


Mister Blondie pourrait bien passer toute la soirée ainsi, hypnotisé par une dulcinée invisible, au prénom tatoué bien en vue sur son poignet ostensiblement arboré…


Mystère, le décrochera-t-il à la fin, son doux baiser et un ticket pour le ciel ?

 

 


Allez viens boire un p’tit coup !

Borough Market et son bar Sangria et Prosecco pour tous

Un verre d’english wine ? de Prosecco ? de Sangria ? ou de Prosecco ?


Il suffit de demander ma petite dame, monsieur vous le prépare volontiers, pour quelques pounds et un sourire. Tout se trouve à Borough Market !


Cul sec sûrement pas ! C'est bien meilleur quand on savoure.

 

 


Web of creation

Sous le turb

 

Que peut-il se passer sous le turban de ce Sikh, le chignon de cette étudiante, ou la pinte sifflée doucement sur ce quai au bord de la Tamise ?

 

Des idées en bataille pardi !


Le Sikh : « Je rêve beaucoup trop, et voilà encore un objectif voyeur qui me vise là »

 

Le chignon : « Bon, trois pages de rédaction, ça devrait bien aller à cette vieille bique de Miss Minier. »


La pinte : « Oh la... drôlement fort ce cidre anglais, ma tête tourne déjà, mais il se boit bien… ».


 


Elle attend

Elle attend que le monde change...


Affiche de pub ou d’un film romantique ?

 

Ni l'un ni l'autre : Mademoiselle impassible est assise là parmi nous autres Terriens qui passont.


Elle a le dos bien droit, sa coiffure et sa mise sont impeccables, mais elle attend tout de même. Non, pas un lapin, évidemment.


Patiemment elle attend que le monde change et que changent les temps, pour sortir de sa posture figée de gravure de mode, qui ne demande qu’à s’animer et vivre, enfin.

 

 


Photos JH - Londres Juillet 2011

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Jilda Hacikoglu - dans Monde
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