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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 22:45

Avec le beau soleil de ces jours-ci, rester devant un ordinateur doit valoir la peine, donc voilà quelques brins de soleil en transit grâce aux bons soins de deux fées créatives.


Affiche expo hommage Frida Kahlo

A ma droite : Véronique Dominici, artiste plasticienne et céramiste basée à Avignon. A ma gauche : Madeleine Ossikian, artiste peintre qui a dernièrement posé ses bagages à Castelnau de Guers (près de Pézenas).


Premier point commun : le Sud et son soleil. Toutes deux artistes itinérantes à leurs heures, régulièrement dans des manifestations d’art singulier, elles se sont croisées agréablement, au point de décider que finalement, il y avait là plus qu’une coïncidence.

 

Elles s’étaient promis il y a quatre ans de réaliser une exposition commune autour de Frida Kahlo, artiste peintre mexicaine qu’elles admirent toutes deux, et dont la personnalité hors-normes leur avait déjà inspiré quelques œuvres « singulières ».

 

Exemple chez Véronique Dominici en suivant ce lien, et chez Madeleine Ossikian ci-après.

 

Collage Frida Kahlo (selon Mado)

Les traits distinctifs de cette égérie commune en disent d’ailleurs beaucoup sur la démarche de ces deux artistes qui gagnent à être découvertes.

Elles ont pour socle une sincérité fondamentale, avec laquelle elles tendent chacune à tracer leur voie propre, gardant coûte que coûte leur originalité, et sans se trahir malgré les tentations.

 


Véronique Dominici a ainsi vécu la sculpture comme une révélation personnelle : c’était là sa voie royale pour exprimer toutes les émotions que sa timidité ne permettait pas d’extérioriser.


Le melting-pot de son parcours entre des études supérieures paramédicales (qui ont probablement nourri son esthétique juste des corps humains, surtout des visages), sa passion du théâtre (à Avignon, endroit rêvé), et ses apprentissages artistiques (arts plastiques et histoire de l’art, Beaux-Arts de Nantes), font qu’elle développe des mises en scènes toujours plus surprenantes autour de ses sculptures, notamment en récupérant des objets détournés pour les besoins de ses œuvres.

Selon ses propres mots : « Alors l’inanimé s’anime, l’animé se fige pour l’éternité. »


Dans une vision assez similaire de son art, Madeleine Ossikian peint et représente son « monde intérieur attirant et navrant », entre un imaginaire fait de beaux rêves mythiques ou féériques et les empreintes tenaces de ses origines (voir ici son interview pour ConnexionsS).


Diplômée d’arts plastiques à l’université de Saint-Etienne, elle a enseigné pendant dix ans avant de se lancer définitivement dans ses créations à temps plein. Accouchements, chevaux (symboles de liberté), sorcières, filles orientales, mise en scène de ses égéries (Eve, Mata Hari, les Odalisques et Frida Kahlo donc), sont les thèmes qu’elle a travaillé avec un style affectionnant les ornementations tantôts fines, tantôt brumeuses, mais toujours riches en couleurs et dans un style simple, naïf, accessible.


Entre les toiles ou collages de l’une, et les sculptures multi-matériaux ou mises en scène de l’autre, leur exposition qui se tiendra du 16 au 30 avril à Avignon, devrait être une occasion supplémentaire de montrer leur talent vif et original, inspiré des axes forts de la vie et de l’œuvre de Frida Kahlo.

 

Du samedi 16 au samedi 30 avril prochain, place des Corps Saints à Avignon.

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Jilda Hacikoglu - dans Culture
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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 22:19

Ce qu’on a pris plaisir à lire mérite d’être partagé, c'est pourquoi l'on vous propose l’interview réalisée fin mars avec Madeleine Ossikian, artiste peintre aux couleurs et motifs vifs, chatoyants, attirants.

 

Madeleine-Ossikian.JPGA l'exposition "Des racines et des rêves"

Lyon, place Bellecour - avril 2007


Découverte et mise en avant par la Fondation Bullukian à Lyon lors de l’année de l’Arménie en France (exposition 2007 'Des racines et des rêves'), Madeleine Ossikian a poursuivi sa route et multiplié les supports et matériaux autour de sa peinture. Tant et si bien que les plaques de fers, hublots, fresques murales ou autres roulottes personnalisées n’ont plus aucun secret pour elle.


A l’occasion de l’exposition en hommage à Frida Kahlo, l’une de ses égéries, qu’elle prépare avec Véronique Dominici à Avignon, elle éclaire de son regard libre les coulisses d’un travail original : le sien, celui d’autres artistes, et tout ce que lui évoque Frida Kahlo.



141_4134.JPG

 

Toi et tes œuvres depuis les expos 2007- Evolution de ton travail

Dans tes toiles 'habituelles' toujours plutôt riches en couleurs et féériques, tu es passée de la série des accouchements, petite fille orientale... Quels ont été tes autres thèmes depuis, et quels ont été tes supports à chaque fois ?


J'ai fait une série sur les chevaux, symboles de liberté, de féérie, des thèmes arméniens (guerriers, princesse etc..) et toujours mes égéries : Eve, Mata Hari, Frida kahlo, les odalisques etc… J'ai lâché "le dessin réaliste" pour dessiner avec plus de liberté ce que je sors de moi. C'est ce qu'on appelle chercher son style !

Picasso disait "je ne cherche pas je trouve" ; moi j'ai trouvé... un peu.

 

 

Tu travaillais déjà avec des collages, en partant de photos anciennes, il y a eu ensuite les hublots, et autres matériaux de récup', roulotte...


Je suis une fille instable ! Non, je plaisante : je tâtonne, je cherche, je suis dans divers matériaux comme beaucoup de mes camarades artistes de ma génération. 

Fût un temps, lorsque la société aimait la peinture de Delacroix pour sa liberté gestuelle, l'autre pan de la société aimait Ingres pour sa rigueur académique, et les deux camps ne pouvaient que se battre. De nos jours on peut aimer les deux artistes sans problème mais souvent le prix de cette liberté est une certaine indifférence générale aussi. La démocratie tue la passion pour gagner des amours plus sereines...

Bref pour en revenir à moi, je ne prêche pour aucune chapelle et je fais ce qui me plaît !

 

Arménienne Arlésienne - Mado

 

Est-ce qu'avec le recul tu vois un cheminement particulier dans cette évolution ?


Mon travail en général est guidé par ma vie. J'ai peins des accouchements lorsque j'ai du présenter pour la première fois un travail d'artiste (pour ma Maîtrise d'arts plastiques). Avec le recul je suis née en tant que peintre cette année là.

Puis les sorcières lorsque j'ai quitté papa/ maman pour vivre ma vie de femme et me suis sentie libre d'avoir des aventures amoureuses (en tant que jeune fille  arménienne c'était plutôt tabou à la maison). La sorcière est le symbole d'une sexualité refoulée ou au contraire envoûtante, tout cela était inconscient chez moi...


Puis des années après, j'ai fait  un vrai grand pas dans ma vie, lorsque j'ai décidé de quitter mon travail alimentaire pour être artiste à plein temps : là je suis revenue aux sources comme une autre naissance. Avec le travail sur le thème arménien, il fallait commencer à réécrire mon histoire. Cela explique les photos en noir et blanc que je mets dans mes toiles, et pourquoi toutes mes héroïnes sont des femmes du 19ème  ou du début du 20ème siècle.


Cela m'a toujours troublée de savoir qu'aucun Arménien ne peux connaître ses origines au-delà de 3 ou 4 générations. Comme si nous étions tous nés le jour du génocide ! Peut-être qu'à travers ces images je recherche les photos de familles que je n'ai pas ? Maintenant tous ces thèmes reviennent parfois au gré des expositions...

 

 

Qu'est-ce qui t'as guidée à chaque fois que tu rentrais dans un nouveau thème ou support ?

 

Il n'y a pas longtemps j'étais dans le thème des maisons à roulettes. Evidemment je suis en plein déménagement, cela fera 3 maisons en 12 ans que nous rénovons, mais il y a aussi l'esprit nomade qui m'anime. J'ai analysé le fait de toujours vouloir partir par le biais encore de mes origines, et je l’explique sur mon blog :

 

« faire sa valise » c’est partir pour quitter ou retrouver, fuir ou arriver…

Moi je fais ma valise d’artiste, j’y mets mes couleurs et mon bonheur lorsque je pars pour des voyages inconnus où je rencontre individus extraordinaires et farfelus…

Enfant de l’immigration on naît avec la route en héritage et la mémoire des hommes et des femmes d’un autre temps, d’un autre pays, d’une autre vie…

Alors comment ne pas être nomade malgré soi, en effet mes « maisons qui roulent » sont le symbole d’une sédentarité illusoire quand dans mon esprit et mon cœur je suis toujours (d’)ailleurs.

 

De plus je fais partie d'une association d'artistes partis d'une idée farfelue : exposer dans des caravanes ! L'association s'appelle " avis de pas.sages" et nous partons ainsi à la rencontre du public (voir le blog http://avisdepas.sages.over-blog.com)

 


Quels sont les expo et festivals(vaux) à ton actif, ceux auxquels tu participes régulièrement ou ponctuellement, et les prochaines adresses où te trouver ?


Pour l'essentiel ce sont les festivals d'arts singuliers, les expo en caravane et les expos en milieu arménien... A priori j'expose dans les salons de l'UGAB du 10 au 18 décembre 2011 à Lyon (dates à confirmer). Sinon pas mal de sorties en caravane (voir les dates sur le blog) et je pense travailler sur mon album jeunesse intitulé "le grand plat" (écrit par Sonia Colin d'après une idée originale de Madeleine Ossikian) : j'espère pouvoir l'illustrer et l'éditer pour 2012 ! Je recherche une résidence, un financement, mécène ou sponsor !!! C'est l'histoire d'un petit garçon qui contribua à inventer la recette du "salma" etc...

Mais en attendant, aujourd'hui je travaille sur Frida Kahlo, en peinture et collage.

 

Odalysque - Mado
 

Frida Kahlo Avec Mata-Hari, elle était déjà dans tes toiles anciennes, tu utilisais des photos d'elles, c'est bien ça ? Pourquoi ? Que cherchais-tu à montrer alors ?


Je cherche à me construire une identité à travers les personnes qui me font rêver, des destins de femmes qui appartiennent à la féérie, le contemporain m'ennuie. Je les fais revivre dans mes toiles comme une fan, pour moi ce sont  des icônes de la beauté non standardisée, elles sont fortement sexuées, elles sont martyres et engagées !

 

Evidemment  ma vie ne ressemble pas à leur vie, mais je ne sais pas s'il faut le regretter, leur destin a toujours été tragique… Cela rejoint un peu ce que je disais plus haut sur nos vies contemporaines sans grands engagements (de ceux qui ont un rapport avec la vie ou la mort !), sans grande passion, sans risque.

 

C’est notre lot pour être tranquille... Parfois je le regrette. Boris Vian disait quelques chose comme cela :"la prudence, c'est pas la vie"

 


Que représente cette artiste et/ou son travail pour toi ? Qu'aimes-tu dans son art ou sa personnalité ?

 

Frida Kalho est une artiste mexicaine née aux alentours de 1910, par amour pour Diego Rivera de 20 ans son aîné, célèbre artiste fresquiste du Mexique dont la notoriété dépassait son pays (Europe, Etat Unis surtout, etc…), elle est devenue artiste, pour plaire à Diego.

 

Tous deux étaient de fervents défenseurs de la cause communiste, la cause du peuple opprimé, cela avait du sens à l'époque, et tous deux vivaient libérés de toutes mœurs bien seyantes de la société bien pensante !


Ce que j'admire chez Frida c'est son intégrité face à son destin, son courage face à la maladie. Elle est née avec une jambe atrophiée et à 18 ans elle fût victime d'un accident de bus qui la laissa pour morte (multiples fractures, un rein en moins, stérilité etc...) Frida a peint beaucoup de toiles couchée sur son lit...

Mais elle est aussi une femme étrange, androgyne avec ses habits de couleurs et sa pilosité qui est sa marque de fabrique (sourcils et moustaches). On lui prête des aventures lesbiennes et c'est à la fois une femme qui se sacrifie par amour pour Diego...


Enfin ce que j'aime chez Frida, c'est sa volonté de se promener partout avec ses fleurs dans les cheveux et ses vêtements mexicains (même en dehors du Mexique) et de revendiquer justement sa modernité par ce folklore, le refus de se confondre avec la masse.
 

Si je rapproche cela de mon identité de peintre c'est un peu moi qui refuse de peindre ce qui ne me correspond pas : en sortant d'une fac d'Arts plastiques avec un D.E.A cela en ferait bondir plus d'un de me voir m'éclater à peindre des princesses et des guerriers ! Et en tant qu'Arménienne je m'affirme toujours dans cette identité là, sauf parfois dans ma propre communauté à l'esprit par moment sectaire et conformiste.

 

Frida avait cela de fort : affirmer son identité, ne peindre que sa vie ô combien vécue dans la douleur, ne jamais vouloir faire de "l'art pour l'art", pour le bizness ou pour la gloire… Qui est capable de nos jours de faire si peu de concessions ?

 

frida-kahlo
Comment est née l'idée d'une exposition en hommage à elle/à son travail ?

 

Une rencontre au festival d'art singulier de Banne en Ardèche, où j'exposais pendant une semaine en face d'une artiste : Véronique Dominici. Ce festival est une épreuve et les rencontres y sont magiques...

 

Nous avions parlé à l'époque de notre goût pour Frida Kahlo, j'aimais son boulot de céramiste qui va au-delà de l'objet, une artiste engagée, sans concession me semble t'il, sensible. Nous nous sommes promis mutuellement de réaliser cette expo qui naîtra donc en 2011, quatre ans après ! 

 

 

Avais-tu l'impression que Frida Kahlo est méconnue de nos jours en France ?

 

Frida Kahlo est connue par tous les amateurs d'art. Chaque année une rétrospective à lieu quelque part dans le monde (Belgique l'an dernier, Turquie pour la première fois cette année), et partout où il y a une expo elle fait le plein. L’artiste fascine au-delà de ses œuvres qui sont parfois difficiles à regarder tant elles expriment la douleur, les angoisses d'une femme blessée psychologiquement et physiquement.

 


Pourquoi maintenant ?


Comme diraient les Arméniens : c'est mon destin... Comme je le dirais moi c'est parce que c'est né d'une volonté et qu'il a fallu bosser pour y arriver, ni plus ni moins !

 


Comment s'est organisée l'expo-hommage concrètement (avec qui, quand, où?)

 

En Avignon, le lieu d'habitation de Véronique, c'était plus simple avec moi qui suis sur les routes en ce moment... Elle a trouvé le  lieu, on s'est rencontrées une fois pour réaliser la magnifique photo de l'affiche (LOL comme dirait ma fille) et puis le reste, après tout c'est notre métier !

 


Quel a été le résultat : le propos de l'expo, ce que vous avez voulu faire passer ?

 

Nous verrons cela après, le bilan sera fait : nous voulons simplement donner du plaisir aux fans de Frida et aux autres, sans la plagier. Exprimer nos sentiments pour elle et ce qu'elle représente à travers nos expressions personnelles. C'est aussi un exercice de style.
 

 

Le travail avec Véronique Dominici Quel est le travail fait avec Véronique Dominici ? (des œuvres communes, ou chacune une partie particulière ? ou autre organisation ?) Comment vous êtes vous partagé le travail pour l'expo ?


On s'est partagé le travail tout simplement selon les envies et compétences de chacune, c'est juste une organisation. Justement nos boulots ne se confondent pas, moi peintre elle plutôt céramiste/mise en espace, je pense que nous serons complémentaires car différentes.


 

Apparemment elle est fan d'Edith Piaf aussi (cf son site), autant que de Frida Kahlo ?

 

Je pense que c'est le même genre de personnage qui fait rêver, au destin tragique donc si romantique, romanesque ?

 
 
Comment définirais-tu ta contribution et celle de Véronique Dominici sur cette expo ?

 

Cette expo me tient à cœur depuis longtemps. La seule chose que je sais c'est qu'il n'y aura pas quantité d'œuvres mais que nous ferons toutes les deux notre possible pour qu'il y ait qualité !

De plus et pour terminer, c'est une expo ouverte comme un début de collection, si cette première est concluante nous essayerons de montrer nos œuvres aux gré des rencontres et des lieux.

 

 

Propos recueillis par JH

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Jilda Hacikoglu - dans Culture
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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 12:40

 

La fin d’un suspense étonnant a coïncidé cette semaine pour ces deux hommes, véritables poids lourds chacun dans leur domaine. Fin du suspense, mais pas de l’intrigue, car pour l’un comme pour l’autre la grande Histoire est toujours en marche.


raffi-hovannisianRaffi Hovannisian est un homme politique arménien né aux Etats-Unis où il s’est bardé de diplôme avant de devenir avocat international. Entre autres caractéristiques notables, il est un des rares Arméniens de diaspora à s’être rétabli en Arménie même, où il a fini par être le premier des ministres des affaires étrangères qu’a connu la jeune République née en 1991 au sortir de l’Union Soviétique.

 

Président du parti Héritage (plutôt pro-occidental) présent au Parlement arménien, il fait partie de tous ceux qui sont aujourd’hui en opposition frontale au gouvernement actuel de l’Arménie, en place depuis les élections présidentielles truquées et la répression dans le sang des manifestations qui s’ensuivirent en mars 2008 dans la capitale (Yerevan).


En novembre 2010, Hovannisian était notamment à Ottawa à la tribune d’une conférence du Parlement Canadien concernant le combat contre l’antisémitisme.


Le 15 mars dernier cette pointure s’est assis sur un banc de la place de la Liberté en plein centre de Yerevan… pour n’en plus bouger et entamer là une grève de la faim, visant à obtenir rien de moins que la démission du Président actuel de l’Arménie, et la reprise en main du pouvoir par le peuple via de vraies élections.


Raffi Hovanissian on liberty square

La place de la Liberté étant interdite aux manifestations et rassemblements depuis les évènements de mars 2008, la police a empêché  dès les premiers jours toutes les marques de sympathies et de soutien manifestées par les passants, allant même jusqu’à démonter violemment une simple tente amenée là pour protéger le jeûneur et quelques substituts pour le chauffer.


A l’issue d’une première semaine de cette situation inédite, il semble que les remous médiatiques causés par cet auto-sacrifice, alliés aux multiples marques de soutien spontané, ont fini par embarrasser le gouvernement, au point de devoir lever l’interdiction de rassemblement sur la place de la Liberté.


Alors que les dernières manifestations en commémoration des évènements du 1er mars 2008 s’étaient jusqu’alors tenues ailleurs dans la capitale, un nouveau rassemblement a donc pu se tenir sur la place centrale de la Liberté. Levon Ter Petrossian, leader du bloc d’opposition au gouvernement, lui-même ancien Président très décrié de la République d’Arménie après 1991, s’y est exprimé pour haranguer les foules.


Là où les choses se corsent, c’est que contrairement à tous les politiques qui s’étaient déplacés pour rencontrer le gréviste jusqu’alors (Président du Parlement arménien y compris), Ter Petrossian n’a même pas salué son ancien ministre des affaires étrangères, tout en criant victoire suite à la « libération » de la place où Raffi Hovannisian continuait sa grève de la faim. Cherchez l’erreur.


Même si les élections truquées et la violence de la répression des manifestations a créé une dynamique commune,  le bloc de l’opposition a du mal à trouver son unité dans un pays où la majorité des élus s’engage en politique pour ses propres intérêts privés.


Contexte hautement paradoxal et singulier donc, pour cette démarche de sacrifice qui force pourtant le respect, en plein Carême pascal et alors que Pâques tombe cette année un 24 avril, date commémorative du génocide arménien...


Raffi Hunger StrikeAprès quinze jours de ce régime de SDF, Raffi Hovannisian a finalement arrêté sa grève de la faim mercredi dernier.


Il aurait probablement été dommage qu’un homme de sa stature disparaisse ainsi de la scène politique arménienne, précisément quand elle a tant besoin de cet exemple de dévouement. Au-delà des raisons compréhensibles invoquées par Hovannisian pour expliquer ce renoncement, il faut retenir l’écho que son action a reçu.


Elle était finalement dirigée vers la société civile et l’opposition, tout autant que contre le pouvoir en place. Le sacrifice que cela impliquait a été un choc, salutaire on l’espère, pour un peuple plus habitué à désespérer de ses dirigeants et fuir le pays, qu’à croire et agir pour une amélioration. Le combat politique et démocratique continue donc sur cette nouvelle lancée.


 

 

Autre genre, autre lieu, Daron Acemoglu est un économiste de haut vol, Arménien né en Turquie, bardé lui aussi de diplômes obtenus en Angleterre, avant de continuer sa ruée vers l’ouest pour devenir aux Etats-Unis, titulaire de la chaire d’économie appliquée du MIT (Massachussets Institute of Technology) depuis 2004.


Ce « trublion éclectique » aujourd’hui largement reconnu par ses pairs a suivi un parcours inhabituel mais remarquable dans son domaine.


Abandonnant les sciences politiques, il s’est tourné vers l’économie avec pour thème de prédilection les causes de la démocratie, sachant que c’est sous ce régime que peut exister le développement économique.

 

Daron Acemoglu

 

Depuis le livre ‘Economic Origins of Dictatorship and Democracy ‘ publié avec son chercheur acolyte James Robinson, il a réalisé de nombreuses études et publié un second livre  sur l’avènement et l’incidence de la démocratie ‘Introduction to Modern Economic Growth’ (introduction au développement économique moderne).


Depuis quelques mois, et particulièrement ces derniers jours, son nom et son origine arménienne sont largement répétés dans les médias turcs, car il s’est vu proposer un poste diplomatique de représentant permanent de la Turquie à l’OCDE dont le siège est à Paris (Organisation de Coopération pour le Développement Economique).


Après cette offre étonnante, il n’a pas été facile de démêler le vrai du faux concernant la réponse d’Acemoglu.

 

Etonnante proposition car elle montre l’ambivalence perverse d’un gouvernement qui se caractérise encore aujourd’hui par l’oppression exercée depuis la création de sa République, contre les importantes minorités qui composent sa population.


Une offre plus que douteuse, car elle intervient alors qu’aujourd’hui encore en Turquie aucun Arménien affiché ne peut prétendre à un quelconque poste à responsabilité dans les institutions turques. Dès lors, que penser quand le ministre des affaires étrangères propose un poste diplomatique de choix à l’un de ses ressortissants issu de cette minorité problématique, parce qu’il a connu le succès en quittant le pays ?

 

Dans ces conditions, et sans douter des compétences qui donnent réellement à Acemoglu sa place à l’OCDE, la contradiction est tout de même hallucinante.


Passée cette première réaction d’incrédulité, il faut rappeler le contexte : après des années d’un négationnisme d’Etat quasiment ridicule tant il est poussé à l’extrême (cf. les traces encore visibles aujourd’hui dans l'excellent film de Mathieu Zeitindjioglou  ‘le fils du marchand d’olives’), l’activisme frénétique de l’Etat turc a pris une forme nouvelle ces dernières années, se cristallisant sous la forme des protocoles arméno-turcs.


Pour parer aux revendications de plus en plus efficaces sur les reconnaissances officielles du génocide arménien, l’Etat turc brandit désormais un masque de probité qui  a culminé avec cette imminence de la ‘réconciliation’ arméno-turque. Expliquant qu'il serait préjudiciable à la réconciliation tant attendue, de revenir sur de l’histoire ancienne (pour rappel, c’est l’Etat turc qui ferme ses frontières avec la République d’Arménie depuis près de vingt ans).


On peut donc légitimement voir l’apparente schizophrénie de la Turquie vis-à-vis de ses citoyens arméniens et d’Acemoglu, comme une énième version de ce masque que la Turquie a pris l’habitude d’arborer pour arriver à des fins diplomatiques beaucoup moins avouables.


Quant à Acemoglu, pour couper court aux tentatives d’intox des médias turcs laissant croire que la question était d’ores et déjà réglée, il semble qu’il ait concrètement décliné, arguant de la poursuite de ses recherches universitaires. Et non pas remis à plus tard l’éventualité d’accepter un tel poste, comme l’affirmait le ministre turc des affaires étrangères.

 

Dire que les informations ont été très peu claires sur la réponse d’Acemoglu est un euphémisme. On remarquera en revanche que grand cas a été fait du caractère exceptionnel de cette proposition diplomatique.


En comparaison, la condamnation quasi concomittante par un tribunal turc cette semaine, du Prix Nobel de littérature Orhan Pamuk (autre ressortissant de Turquie mais exilé), n’a pas suscité autant de battage.


Il s’agit pourtant d’un Prix Nobel turc. Oui mais voilà, le jugement condamnait le fait que ce Prix Nobel avait évoqué ouvertement lors d’une interview donnée en 2005, les massacres de masse perpétrés contre les minorités arméniennes et kurdes en Turquie.


Au fond, même si elle prend des visages qui la montrent sous un meilleur jour, les intentions de l’Etat turc sur le génocide arménien n’ont pas bougé d’un iota : continuer de nier le génocide à tout prix, en usant de toutes les tactiques possible, déguisement y compris, et surtout empêcher que sa reconnaissance gagne du terrain.


Tout cela est donc plutôt de nature à confirmer qu’en ce domaine la politique du ‘beaucoup de bruit pour rien’ reste bien la stratégie toujours affectionnée par la diplomatie turque.

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Jilda Hacikoglu - dans Monde
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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 23:37

DanseursMata Hari. Une femme devenue un mythe à elle seule, au point que même sans connaître son histoire, tous savent ce que ce nom évoque : l’espionne de charme utilisant jusqu’à tous les atouts de son sexe.


Un fantasme en somme, dont la part de réalité semble toujours rester dans l’incertitude. C’est ce qui ressort du spectacle impressionnant qui se joue depuis le 16 mars et jusqu’au 2 avril prochain, au théâtre des Bouffes du Nord à Paris.


Une femme hollandaise se cachait derrière la danseuse se prétendant javanaise. Elle a été ce qu’elle voulait tout autant que ce que les autres voulaient, et s’est probablement créé ce personnage exotique, entre autres causes, pour effacer une vie et des traumatismes qu’on devine plus qu’on ne sait.


Mythomane elle-même, jouant à être le désir qu’elle devinait chez son public, Mata Hari s’est construite autant par ses propres fabulations que celles des autres. Devenue mythe à elle seule ? Pas tout à fait. Le mythe est aussi né grâce à l’existence et la complicité d’un monde hypocrite, aussi prompt à s’extasier de son audace, qu’à la faire disparaître.


A la fois coupable et innocente, naïve et lucide, mais toujours outrageusement libertine, sa vie mille fois cachée, mille fois racontée, est ici évoquée sous toutes ces apparences, entre le vrai et le faux, par un texte original de Jean Bescós, et un couple de théâtre Schaub-Abkarian aguerri au mythe. Mata-Schaub

 

Catherine Schaub et Simon Abkarian se sont en effet rencontrés au sein de la troupe du Théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine, où ils ont tous deux collaboré de nombreuses années. Le parcours de l'acteur monumental qu'est Simon Abkarian, souvent avec sa femme Catherine Schaub, revient par ailleurs souvent au service d'oeuvres... mythiques justement.

 

Eschyle, Euripide, Sénèque, Shakespeare ou Molière leur sont familiers, et quand Simon Abkarian se met à l'écriture, c'est en reprenant le mythe du retour d'Ulysse, dans Pénéloppe, ô Pénéloppe, pièce particulièrement applaudie et qui accroît sa renommée déjà assise sur un talent solide. 

 

Avec Mata Hari c'est Catherine Schaub qui s'est d'abord intéressée au mythe de la redoutable espionne adulée puis fusillée.


Après cinq années de recherches autour de cette femme qui a connu « dix ans de gloire » dans toute l’Europe avant d’être fusillée pour espionnage en 1917, Jean Bescós livre un texte étrange, mêlant les discours contradictoires de la danseuse-espionne, ceux de ses entourages, et une narration extérieure relatant l’époque qui a été le théâtre de ses frasques.

 

Interprété par Catherine Schaub-Abkarian, Projet Mata Hari : exécution a de quoi remuer le public.

Dans le rôle-titre, la comédienne, danseuse et chanteuse hypnotise le spectateur au milieu d’une mise en scène de Simon Abkarian, bousculant le théâtre classique. Les mouvements de danse, les évolutions de la musique et les jeux de lumières ont autant de sens que les mots interprétés, et c’est ce qui en fait un spectacle entier, joué à trois sur scène et une équipe invisible, pour que chaque geste, mouvement, mélodie ou éclairage contribue à une intensité palpable.

 

 

Projet Mata Hari exécution

Sur scène apparaissent d’abord une rampe de spectacle et un piano, puis Macha Gharibian, pianiste dont les compositions feront bien plus qu’accompagner ce qui se joue. Ce jeu se fait en mots et en danse, entre Philippe Ducou interprétant un Monsieur Loyal maquillé comme un clown, pour évoquer la Belle Epoque survoltée qui a vu naître le mythe, et bien sûr une Mata Hari dénudée qui joue à se raconter.


Dans le jeu Catherine Schaub-Abkarian ne cesse donc de prendre des déguisements, notamment par sa voix aux accents tour à tour enfantins, mécaniques, nasillard, graves. Puis quand tout à coup elle interprète l’émotion pure le contraste est sidérant.

 

Innocente ou coupable, l’Histoire l’a jugée et elle est devenue un mythe dont les bribes offrent en tous les cas, grâce à cette création, une fabuleuse illustration de la force évocatrice du théâtre et de ses acteurs. 

 Philippe Ducou - Monsieur Loyal

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos Jean-Christophe TorresChapeau

 

 

 


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Jilda Hacikoglu - dans Spectacle
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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 22:04

On n’en est pas toujours conscient, mais le jardin du Luxembourg abrite aussi le Sénat, deuxième assemblée constitutive du Parlement, où passe obligatoirement toute loi française avant d’être définitivement adoptée, promulguée, et entrer en application.

Protestons...

 

 

En admirant les photos d’art exposées sur les grilles du jardin, ou en parcourant les célèbres  allées de ce paisible coin de verdure parisien, les flâneurs du jardin du Luxembourg ont aujourd’hui entendu les échos d’un rassemblement de protestation devant le Sénat (à vue de nez de 1500 à 2000 personnes).

 

 

 

Aznavour-copie-1.JPG

 

 

En s’approchant de là on pouvait y voir le député et ex-ministre de la relance Patrick Devedjian, s’éloignant en courant sous les quelques gouttes de pluie qui commençaient, Charles Aznavour en grosses lunettes noires poursuivi par les assiduités polies des photographes avant de rentrer dans une grosse voiture noire, entendre les discours d’André Santini, un autre député, ou des avocats Serge et Arnaud Klarsfeld, entre autres responsables politiques ou associatifs défilant à la tribune installée là pour expliquer les raisons de cette mobilisation.


Pourquoi cette agitation ?

 

 

Pour rappeler qu’en octobre 2006 l’Assemblée Nationale avait adopté une loi pénalisant la négation du génocide arménien. En clair ce négationnisme serait de facto interdit, et le pratiquer malgré tout deviendrait un délit, pouvant être puni au pénal.


Mais depuis la machine législative s’est arrêtée : l’étape suivante du passage obligé au Sénat est tout simplement bloquée par la majorité obéissant aux directives du Gouvernement.


Depuis, les Arméniens ont plusieurs fois réclamé devant le Sénat la poursuite du processus législatif . Jusqu'ici en vain.

 

 

Serj Tankian - "Yes, it's genocide"

Première chanson qu'il chante en arménien pour rendre hommage aux victimes du génocide


Les élections s’approchant (premier tour des cantonales dans une semaine, présidentielles dans un an), la traditionnelle course aux voix des Arméniens sur ce sujet délicat est relancée, et malgré les retournements de veste déjà essuyés, ils espèrent, encore une fois, obtenir enfin la tenue des promesses.


Aujourd’hui devant le public rassemblé, les organisateurs ont annoncé l’utilisation d’une niche parlementaire qui permettrait un vote à la mi-mai. A suivre.

 

...sous la pluie

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 01:08

Foin de la crise chronique des médias, avec un zoom sur deux sympathiques éclaircies démontrant que qualité et originalité restent de mise en matière d’informations écrites.


D’abord avec la désormais bien identifiée Revue XXI, qui marque une avancée franchement positive en lançant son nouveau site internet le mois dernier.


Au départ, son ambition de privilégier de vrais reportages de terrains, réalisés avec tout le temps et le soin nécessaires, dans « un trimestriel copieux, vendu en librairie, sans publicité* », semblait louable, mais surtout plus qu’improbable pour la survie d’un nouveau titre écrit.


RevueXXI n°9 Janv-Fév-Mars 2010

Numéro 9 de la Revue XXI - Janvier 2010

 

Pour ne pas lésiner sur la rémunération des auteurs (les recettes publicitaires qu'il aurait fallu rechercher n'auraient pu suffire à couvrir tous les frais), la revue choisissait en outre de ne pas publier gratuitement sur le net.

Défendant aussi non sans humour son choix de la version papier : « un objet tout simple, maniable, qui peut se conserver cent ans en cas de besoin. Il ne se recharge pas, ne consomme pas d’électricité, même lorsqu’il est en veille. Le cas échéant, il se recycle facilement. *».

 

Il est vrai cependant que chaque exemplaire de cette généreuse revue, vendue 15 €, constitue un véritable objet journalistique stimulateur de curiosité : que ce soit par son format, son contenu ou la part plus que belle faite aux illustrations, à nulle autre pareilles. A chaque numéro, un reportage de plusieurs pages fait même l’objet d’une bande-dessinée.


Sur le net, la revue existait donc uniquement via le blogde21.com, qui se restreignait à des reportages complémentaires et offrait un service d’abonnement.


A l’épreuve des faits et depuis la première publication en janvier 2008, la revue connaît un succès d’estime d’abord, puis follement grandissant ensuite.

 

Aujourd’hui c’est manifestement ce succès qui permet au bébé d’entrer avec bonheur dans sa quatrième année de parution, mais aussi sur la Toile : le blogde21.com a récemment disparu au profit d’un ‘vrai’ site de la Revue 21, proposant bonus et coups de coeurs divers, en plus du même type de reportage que ce qu’on peut trouver dans la version papier.


XXI-le blog est mort, vive XXI-la revue sur le net !


Le blog a disparu, mais ses articles sont encore accessibles sur le nouveau site de la Revue 21.

 

Rendez-vous donc en librairie et sur le site pour confirmer la réussite de cette autre artisanat du journalisme.

 

Et si cela ne vous suffit pas, Mashallah News est un autre site tout aussi pertinent et innovant.  Il vaut bien le détour pour, là encore, sortir des sentiers archi-battus, cette fois sur le monde arabe, et bien en marge des médias traditionnels.

 

 

Mashalla-News.jpg

Sur le titre d’abord : rien de plus positif que le mot ‘mashallah’ qui marque, en une exclamation de surprise partagée dans tous les pays arabes, le compliment et la satisfaction devant une réussite ou une beauté quelconques de la vie courante.


Créé à Beyrouth au Liban, le site rassemble des journalistes, graphistes et blogueurs basés dans différentes villes d’Afrique du Nord, du monde Arabe, de Turquie et d'Iran,  réunis là pour publier sur des sujets visant à montrer ce monde arabe tant fantasmé, dans sa réalité quotidienne, actuelle, mais surtout loin des clichés « orientalisant ».

  

En somme une multitude de perspectives alternatives, hautement appréciable, et qui affiche une ambition globale en publiant dans trois langues différentes (anglais, arabe et français) pour être accessible à un public plus large.

 

Depuis le marché noir de l’alcool interdit en Arabie Saoudite, jusqu’au réaménagement urbain des anciens abattoirs de Casablanca, les sujets les plus incongrus - et surtout inexplorés chez nous - y passent pour répondre à la ligne éditoriale choisie par cette plate-forme lancée en novembre dernier. 

 

Citer l’about (auto-présentation) du collectif en version française est peut-être la meilleure façon de donner un aperçu de leur travail :

 

Nous venons des pays bordant la Méditerranée et même au-delà. Nous sommes nés ou vivons dans ce vaste territoire qui va du Maroc à l’Iran.

Notre objectif ? Analyser sous un angle différent des médias traditionnels les pays où « Mashallah » est une expression courante grâce à notre équipe de Correspondants Super-Motivés qui couvre les principales métropoles de la région.

Nous avons un faible pour : la vie culturelle underground, les tabous sociaux, les crises identitaires, le multilinguisme, le vin bio, l’urbanisme, la peinture sur corps et l’art en général. Nous voulons dépasser les frontières mentales, culturelles et nationales.

Nous en avons ras le bol de : la propagande culturelle, Laurence d’Arabie, CNN, les correspondants étrangers endoctrinés, les bouc-émissaires, les dromadaires, la pollution, les palmiers, Samuel Huntington et les tapis volants.

Nous croyons à un journalisme qui s’intéresse aux changements sociaux et culturels plutôt qu’aux stéréotypes et aux images d’Épinal orientalistes.

 

 

Tout un programme largement éclectique qui sévit au rythme de 10 à 15 articles chaque mois, toutes villes et tous auteurs confondus.

 

 

Lors donc, bonnes lectures.

 

 

 

*Citation extraite du supplément présentant la situation de la Revue, publié avec le n°9 paru en janvier 2010 (cf photo dans le corps de l’article).

 

 

Monde Diplo & Rue89  

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques unes de mensuels - mars 2011

'Le Monde Diplomatique' et 'Rue89' 

 

 

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Jilda Hacikoglu - dans Presse
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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 20:18

Certes Stéphane Hessel n’avait rien inventé avec son retentissant Indignez vous ! Simplement sous les latitudes occidentales, régnait trop la fâcheuse tendance à minimiser l’effet des rébellions. Oubliant ainsi que le ras-le-bol à l’excès pouvait réellement être utile.

 

Timing de rêve peut-être pour l’écrivain, ex-résistant déporté durant les crimes nazis, qui doit probablement voir des ressemblances entre ses convictions publiées pour secouer nos cocotiers, et les évènements du sud de la Méditerranée.

 

Manifestation-tunisienne.jpgDepuis décembre le monde occidental assiste ainsi, ébahi, à un phénomène qu’il croyait relever d’un autre temps. Le soulèvement unanime et plutôt pacifique de tout un peuple, au nom d’aspirations légitimes que personne ne songe à contester.

Il aura fallu quelques semaines pour que les commentateurs osent finalement nommer la chose, une révolution !

 

Evidemment, ce n’est pas parce qu’on les oublie que les choses disparaissent.

 

Côté littérature, comme dans toute forme d’expression, il y a longtemps que des écrivains s’efforcent d’insuffler leurs idées, avec l’espoir que cela contribue à corriger la société. Même si la plupart du temps cet espoir est vain, ils s’échinent.

 

Armé de sa passion de lire, François Busnel le rappelle joliment à l’occasion du cinquantenaire de la mort d’Hemingway :

 

Plume-Geante-Litterature.jpg(…) seuls, les rêves n'ont aucun pouvoir. (…) la littérature sert à accompagner ces rêves, à leur donner une consistance... Pour Hemingway, la littérature sert à changer la vie. (…)

Qui a lu sait qu'il peut défier le destin et inventer sa vie. Qui a lu sait qu'il peut agir et non subir. Qui a lu sait qu'il est lui-même personnage et auteur de roman. Qui a lu sait qu'il n'y a pas de distinction entre la littérature et la vie, parce que la littérature, c'est la vie. Tout ramène, chez Hemingway, à une conception de l'existence qui s'incarne dans l'esprit de résistance : il faut refuser d'accepter un monde qui soit moins que ce qu'il devrait être.(…)


 

La voilà donc toujours à l’œuvre, cette faculté de dire ‘non’, qui selon Camus est précisément ce qui caractérise l’homme.

 

Dans l’histoire arménienne, cet éveil des résistances a joué largement, donnant lieu à un véritable déferlement culturel et en particulier littéraire.

 

Il faut dire qu'avec leur passif longtemps chargé d’oppressions, et sensibles aux idées issues de la révolution française, les Arméniens étaient fin prêts à réveiller cette faculté de révolte qui par essence nous anime tous. La dévotion envers leur langue (unique en son genre et avec un alphabet propre), aura fait le reste pour produire une littérature brillante et foisonnante. A tel point qu’on parle de ‘renaissance’ (zartonk) pour cette période de la littérature arménienne.

 

On fait débuter cette renaissance dans les années 1850, mais le terrain fût préparé dès 1750, notamment avec le passage progressif de l’arménien classique (krapar) à l’arménien parlé (ashkharapar) dans tous les écrits publiés. Parmi les écrits lançant cette renaissance littéraire, il en est un en particulier qui semble illustrer bien à propos l’actualité présente.

 

Il ne faut pas se fier au titre de ce poème: sous un titre et des débuts inoffensifs, destinés à mieux endormir les censeurs de l’époque, Jours d’enfance cache en réalité un appel simple et déterminé à la révolte.

Nalbandian.jpg

Avec les vénérés Bechiktachlian et Tourian, Michaël Nalbandian a été l’un des journalistes et poètes principaux de ce mouvement de renaissance littéraire, qui cherchait notamment à réveiller les consciences arméniennes pour les amener à revendiquer le respect de leurs droits.

Né en 1829 en Russie, et malgré sa courte vie (après trois ans d’emprisonnement politique sur ordre du Tsar, il décède en 1866), Nalbandian se distingue par ses nombreux voyages.

Pour pousser au changement il s’activait en effet à réunir les communautés arméniennes déjà dispersées à l'époque, entre les Empires russes et ottoman, en Europe (Paris, Londres), et jusqu’à Calcutta en Inde


Ses mots parlent pour lui.

 

 

 

 

  Մանկութեան օրեր

Միքայէլ Նալբանդեան

 

Մանկութեա՜ն օրեր, երազի նման

Անցաք գընացիք, այլ չէք դառնալու.

Ո՜հ դուք երջանիկ, ո՜հ անհոգ օրեր,

Ընդունակ միայն ուրախացնելու :

 

Ձեզանից յետոյ եկաւ գիտութիւն,

Իւր ծանր հայեացքով աշխարհի վրայ,

Ամէն բան ընկաւ մոռացութեան մէջ,

Րոպէ չմընաց ազատ կամ ունայն :

 

Գիտակցութիւնը յաջորդեց սորան,

Ազգի վիճակը ծանրացաւ սրտիս.

Ապոլոն տուեց ինձ իր քընարը,

Որպէս փարատիչ տրտում ցաւերիս :

 

Աւա՜ղ, այդ քնարն իմ ձեռքում հնչեց

Նոյնպէս լալագին, նոյնպէս վշտահար,

Ինչպէս իմ սիրտն էր, իմ զգացմունքը.

Ուրախացուցիչ չգըտայ մի լար :

 

Ես այն ժամանակ միայն ըզգացի,

Որ այդ ցաւերից ազատուելու չեմ,

Որչափ իմ ազգը կը մընայ ստրուկ,

Օտարների ձեռք, անխօս, տխրադէմ :

 

Լո՜ւռ կաց դու, քնար, այլ մի՜ հնչիր ինձ,

Ապոլոն, յետ ա՜ռ դարձեալ դու նրան.

Տո´ւր մի այլ մարդու, որ ընդունակ է

Զոհ բերել կեանքը սիրած աղջըկան :

 

Ես պիտի դուրս գամ դէպի հրապարակ,

Առանց քնարի, անզարդ խօսքերով,

Ես պիտի գոչեմ, պիտի բողոքեմ,

Խաւարի ընդդէմ պատերազմելով :

 

Ներկայ օրերում այլ ի՞նչ սեւ քնար,

Սուր է հարկաւոր կտրիճի ձեռքին.

Արիւն ու կըրակ թշնամու վրայ.-

Այս պիտի լինի խորհուրդ մեր կեանքին :

 

(traduction JH - février 2011)

 

Jours d’enfance

Michaël Nalbandian

 

Ô jours d’enfance, pareils au rêve

Passés, partis, pour ne plus revenir ;

Ah ! vous heureux, ah jours insouciants,

Aptes seulement à réjouir.

 

Après vous est venue la science,

Avec ses graves regards sur le monde,

Tout est tombé dans l’oubli,

Pas une minute n’est restée libre ou futile.

 

 

La conscience lui a succédé,

Le sort de la Nation a alourdi mon cœur :

Apolon m’a donné sa lyre,

Pour dissiper mes tristes douleurs.

 

Hélas ! En mes mains cette lyre a retenti

Aussi larmoyante, aussi affligée,

Que mon cœur l’était, mon émotion :

De corde réjouissante je n’ai point trouvé.

 

A ce moment seulement j’ai senti,

Que de ces douleurs je ne me libérerai pas,

Tant que ma nation demeurai asservie,

Aux mains des étrangers, muette, attristée.

 

 

Silence, lyre ! Ne retenti plus pour moi,

Apolon, reprend-là de nouveau :

Donne à un autre homme, capable celui-là

De sacrifier sa vie pour la fille aimée.

 

Moi j’irai dehors vers la place,

Sans lyre, sans paroles enjolivées,

Moi je crierai, je protesterai,

Guerroyant contre l’obscurité.

 

En ce jour présent mais quoi, sombre lyre ?

C’est l’épée qu’il faut aux mains du brave :

Le sang et le feu sur l’ennemi ;

Cela sera le sens de notre vie.

 

 

 

 

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 20:15

Cette bande annonce est peut-être une des plus bousculantes, et en même temps stimulantes qui soit, sur une question que l'on trouve abordée de plus en plus parmi les Arméniens trentenaires.

 

 

Comme la bande-annonce, dont le montage et la musique sont efficaces, le site du film, particulièrement soigné, est recommandé.

 

Mélangeant documentaire, histoire personnelle, et animation dessinée, il raconte le périple en Turquie d'un couple sur les traces d'un arrière grand-père qui a fui le génocide. Le prétexte du voyage de noces et le nom turc du jeune marié, facilitent les contacts et délient les langues, du moins en apparence...


L'auteur se fait appeler Mathieu Z, et on comprend qu'en France son nom in extenso puisse être une complication au quotidien : Zeitindjioglou. Ce nom signifie "fils de" (oğlu) "marchand d'olives" (zeytinçi), en turc, ce qui explique le titre.

 

Plus intrigant : ce nom turc est celui d'un Arménien qui a du turquifier son nom sous le joug de l'Empire ottoman alors en train de commettre le premier génocide du 20ème siècle.

 

Mathieu est un des Arméniens dits de 3ème génération, né en banlieue parisienne et devenu réalisateur, mais restant aussi l'arrière petit-fils de ce rescapé. Aujourd'hui, ce passé continue manifestement d'impacter sa vie comme  celle de beaucoup d'autres de sa génération. 

 

Malgré le temps et un présent dans un pays bien différent, les descendants de ceux qui en ont réchappé n'en finissent pas de dénouer l'imbroglio identitaire de leurs origines, entre citoyenneté française, identité arménienne, voire même nom turc pour certains.

Fort des soutiens avec lesquels il a fait le film, Mathieu considère par ailleurs que ce thème riche peut dépasser le seul cadre arménien.


Rendez-vous le jeudi 3 mars à l'UGAB, 116 rue de Courcelles à Paris, pour la première projection (20h30).


Le film sera présenté par le réalisateur, accompagné des historiens Yves Ternon et Raymond Kevorkian

 

Affiche---Le-fils-du-marchand.jpg

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Jilda Hacikoglu - dans Culture
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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 18:55

C’est un peu un mystère, mais à chaque diffusion cette chanson fait mouche, et rares sont ceux qui  n’ont pas déjà entendu ce fameux medley d’Israël Kamakawiwo’ole : Somewhere over the rainbow/What a wonderful world.

 

Vidéo du tube avec en prime, en prélude à la chanson,

un festival d’animateurs belges essayant de prononcer correctement son nom.

Vous avez entendu ‘guacamole’ vous aussi ?

 

Mystère, car plus de treize ans après sa mort en 1997, ce musicien et chanteur hawaïen n’a pas manqué de revenir en tête des classements de meilleures ventes d’albums, dès que son medley était repris en accompagnement musical d’un film, d’une série ou d’une pub.

 

Récemment encore, on le retrouvait numéro un en Allemagne (novembre 2010) et  même en France en janvier dernier.


affiche-Finding-Forrester-2000.jpg

 

 

 

 Pour vous aider à vous rafraîchir la mémoire,

 petit aperçu des films et séries où vous avez pu l’entendre :

- Meet Joe Black (Rencontre avec Joe Black)

- Finding Forrester (A la recherche de Forrester)

- 50 first dates (Amour et amnésie)

- ER (Urgences)

- Party of Five (La vie à cinq)

 

 

 

Fort heureusement pour l’artiste, ce succès posthume n’est pas le seul qu’il ait connu. Depuis ses premiers succès dans le groupe Makaha Sons of Ni’ihau, fondé avec son frère aîné, il est quasi vénéré sur son île natale d’Hawaï. Quelques années après le décès de son frère, il s’était lancé dans une carrière solo qui fût tout aussi réussie puisqu’il collectionnera les récompenses au fur et à mesure des albums enregistrés


Par sa personnalité, son style musical, une voix touchante, et un engagement en faveur des droits et de l’indépendance des Hawaïens, il restera très estimé sur ces plages jusqu’à sa mort, et sans doute encore maintenant.


Mystère des effets aussi, car entre les mains de celui qu’on surnomme the Gentle Giant (le gentil géant), le ukulélé encore plus minuscule dans cette perspective, s’avère bigrement efficace.


Beaucoup se sont essayés à théoriser ce succès transgénérationnel, en rappelant la force évocatrice de la chanson originale Over the rainbow écrite en temps de crise pour le film Le Magicien d’Oz, et qui revient comme un message d’espoir en période difficile (après 2008 on est encore groggy).

 

Certes on ne niera pas l’impact des douces paroles de cette chanson, alliées à celles du savoureux What a wonderful world de Louis Armstrong.

 

Mais quand même, la rythmique lancinante de ce ukulélé qui rassemble les deux chansons en une, soufflée-chantonnée par ce drôle de musicien, a manifestement quelque chose d’autre. Ce truc en plus qui donne à beaucoup la conviction que la musique est bien un art à part, un roi des arts…

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Jilda Hacikoglu - dans Musique
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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 20:32

Difficile de prétendre innover sur le sujet Hrant Dink. Depuis les trois balles tirées à bout portant à sa tête, par derrière, un matin en pleine rue devant les locaux de son journal à Istanbul, son nom est rappelé à qui mieux mieux par les Arméniens dégoutés du négationnisme éhonté de la Turquie, mais aussi par les Turcs eux-même, quand ils prêchent pour une meilleure démocratisation de leur pays, avec un discours plus ou moins clair sur le génocide arménien.


 

Resim_1295079956.jpg

  Hrant Dink

 

Pourtant, on ne peut laisser passer le mois de janvier sans ressentir l’obligation d’évoquer les suites de cet assassinat, toujours lourd de sens et de contradictions aujourd’hui.


De par le monde on organise désormais moult conférences et commémorations autour de l’anniversaire de sa mort, le 19 janvier 2007. C’est presque devenu une tradition et nombreux sont ceux qui n’oublierons pas ce qu’ils faisaient le jour où ils apprirent la nouvelle de cette exécution violente.


Mais si ces commémorations sont toujours aussi suivies, c’est aussi parce que les préoccupations alors soulevées continuent d’avoir une actualité brûlante aujourd’hui.


Quatre ans après cet assassinat, on ne compte plus les communiqués de Reporters Sans Frontières qui condamnent les iniquités du procès de l’assassin, toujours en cours, et alors même que les vrais commanditaires du crime sont loin d’être inquiétés. Prochaine audience le 7 février 2011.


La Cour Européenne des Droits de l’Homme vient aussi de condamner unanimement et à plusieurs titres la Turquie : pour la passivité coupable des autorités de police turques, probablement impliquées dans l’assassinat même, et l’iniquité de l’autorité judiciaire dans la conduite du procès des assassins.

Comble de l'ironie, c'est Dink lui-même qui avait saisi cette Cour Européenne huit jours avant sa mort car il se sentait menacé...


Dans son édition du 20 janvier dernier, le quotidien Le Monde accueillait aussi dans ses pages un appel de l’AFAJA (Association française des avocats et juristes arméniens) réclamant justice pour Hrant Dink, avec force signatures des plus hautes personnalités des barreaux parisiens et bruxellois, mais aussi de nombreux autres avocats, journalistes, philosophes etc… touchés par le destin de cet orphelin de Turquie qui a su rallier la famille de tous ceux qui partagent ses idées humaines.


Quatre ans après on en est toujours là : ce que représentent Dink, son discours et son impact, a dépassé le cercle arménien. En cela c’est déjà chose rare, les Arméniens ayant été plus habitués à une cause longtemps demeurée confidentielle, brandie par d’autres Etats avec hypocrisie, plutôt qu’à une reconnaissance sans équivoque.


Dans une Turquie qui peut présenter à la fois un visage moderne (Istanbul était capitale européenne de la culture en 2010), tout en faisant le culte d’un nationalisme officiellement assumé, l’histoire de Hrant Dink révèle, encore aujourd’hui, une situation des droits de l’homme toujours préoccupante pour ce carrefour de continents et de mentalités si différents.


Par ailleurs il fallait une telle personnalité (et peut-être une telle mort aussi malheureusement ?) pour que les Arméniens marqués par un passé horrible, adoptent une attitude moins gonflée de certitudes vis-à-vis de cette Turquie du présent.


En effet ce que Dink s’époumonait à expliquer de son vivant depuis ce pays où il vivait n'était pas si bien accueilli par la plus grande partie de la diaspora. Celle-ci préférant diaboliser systématiquement un Etat et son peuple qui, en plus de continuer à profiter des conséquences d’un génocide, s’échine toujours à le nier catégoriquement.

 

Interview de Hrant Dink en 2005

par Frédéric Mitterand pour TV5 - émission "24H" en Turquie


Mais, plus respecté après sa mort martyre et le retentissement qu’elle continue d’avoir en Turquie et dans le monde, le discours nuancé de Dink semble devenu, petit à petit, plus audible par les Arméniens de diaspora.

Par exemple il n’est plus si rare aujourd’hui de voir certains d’entre eux se  lancer dans une incursion vers ce pays, chose inimaginable jusqu’à il y a peu pour les descendants des exilés de cette terre où fût perpétré le génocide. Encouragés par l’attitude de certains Turcs reconnaissant désormais publiquement le génocide, ils y vont maintenant, et partent à la rencontre.


On le sait car on voit et lit de plus en plus souvent le récit de  ces voyages, où souvent ils s’étonnent de ressentir dans ce pays longtemps haï, une familiarité difficile à concilier avec le négationnisme ambiant.


De son côté ce négationnisme inculqué depuis toujours finit par être questionné de l’intérieur, à force d’entendre tout ce qui se dit à l’extérieur. Le doute pointe même parfois, allant jusqu’à imposer un revirement progressif, même si le plus souvent il est rejeté car trop lourd de conséquences. C’est aussi plus confortable de nier et d’ignorer, comme le fait la majorité depuis si longtemps.


Néanmoins après Hrant Dink, les contradictions violentes cohabitent, forcément, de manière plus visible. Ce n’est clairement pas facile, ni même naturel après un tel passif, mais petit à petit les tentatives pour simplement se comprendre, apparaissent. Car qu’on le veuille ou non il y a bien une histoire commune.

 

"Agos" titre du journal fondé par Dink, signifie "sillon" en arménien.

Un sillon, l'autre voie qu'il tentait de suivre, qui se tracait bien laborieusement, mais au moins au niveau des individus,  se devinait l'espoir que cette histoire commune aspire à être pacifiée.  Même si frêle, cet espoir s'est vu concrétisé plus souvent, et c'est  déjà un début d’amélioration auquel Dink aura apporté une contribution plus que certaine.

 

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Jilda Hacikoglu - dans Société
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