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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 22:50

Amoureux des livres, à vos agendas !

 

Dès ce week-end, pas moins de 5 salons du livre judicieusement animés vont s’enchaîner à un rythme anormalement effréné vu leur thème : l’Arménie, les Arméniens et en général tout ce qui les intéresse de près ou de loin.

 

Au menu, des livres bien sûr, neufs ou anciens, en français ou en arménien, et des auteurs présents pour présenter ou dédicacer leurs oeuvres, souvent en toute convivialité vu le public relativement restreint sur ces sujets. Ne vous attendez pas au géant salon du livre annuel de Paris. 

 

Ces évènements sont à ne pas manquer pour qui voudrait étoffer ses lectures sur le sujet, car on ne trouve pas si facilement une telle concentration d’ouvrages sur ces thèmes. Encore moins quand il s’agit de livres en arménien.

 

A l’approche des fêtes de fin d’année, ce sont autant d’occasions pour faire le plein de ces ouvrages à offrir, s’offrir, ou se faire offrir.

 

 

1) Ce week-end à Paris, IXème foire aux livres de l’UCFAF, avec Didier Daeninckx en invité d’honneur, pour Missak.

 

Sous ce titre, Daeninckx a signé un album illustré pour la jeunesse, ainsi qu’un roman particulièrement réussi. Paru en début d’année aux éditions Perrin, le roman est déjà disponible au format poche chez Pocket.

Pour plus d’information sur Didier Daeninckx, voir ici l’article sur cet auteur qu’on ne saurait trop vous recommander.

 

Samedi 27 novembre de 10h à 19h

Dimanche 28 novembre de 11h à 18h

6, Cité du Waulxhall 75010 Paris

Métro République

Conférences débat

- de Didier Daeninckx, le samedi à 16h30

- sur "la diplomatie turque, enjeux et conditions du dialogue", le dimanche à 16h, avec Erol Ozkoroy (auteur de "Turquie: le Putsch permanent" venant de paraître aux éditions Sigest), Roumania Ougartchinska (journaliste), et Jean-Varoujan Sirapian (directeur de la revue "Europe & Orient"). 

 

 

2) Le week-end suivant, à Sèvres, la Grande Braderie de Noël de Chêne.

Ce sera durant le 1er week-end de décembre, comme chaque année depuis… oh on ne compte plus, c’est devenu une coutume (19 ans).

 

Ce n’était pas sa spécialité première, mais au fil des années le stand des livres s’est considérablement enrichi, jusqu’à proposer un large choix d’ouvrage particulièrement instructifs, en arménien comme en français, depuis les dernières nouveautés jusqu'à des publications plus anciennes, en tous genres (jeunesse, bd,  romans, biographies, documentaires, etc... on y trouve même des partitions de musique).

 

De nombreux auteurs s’y succèdent régulièrement durant tout le week-end pour des dédicaces et écouter vos commentaires ou questions (Gilbert Sinoué, et Yves Ternon étaient notamment là en 2009).

 

Vous pourrez aussi y admirer les plus beaux objets de l’artisanat arménien, entre deux mezzés grignotés à la buvette locale, toujours très animée, ce qui ne gâche rien. Joyeux moyen en tous les cas, pour réanimer les vénérables murs du Collège arménien Samuel Moorat qui accueille cette braderie depuis ses débuts (le collège est installé à Sèvres depuis 1928).

 

Samedi 4 et dimanche 5 décembre

De 10h à 20h

Au Collège arménien Samuel Moorat

26 rue Troyon à  Sèvres 92310

Tram T2 – station Brimborion

 

 

3) A Alfortville, le week-end suivant, vient le 6ème salon du livre arménien Armen’livres, avec cette année les éditions ARAS pour invité d’honneur.

 

ARAS (en référence au fleuve Araxe), a fait le pari fou en 1993, de faire découvrir la littérature arménienne… en Turquie. Et ça marche, leur catalogue est là pour le prouver. Ils pourvoient largement à la fourniture de livres en arménien en France, et on les trouve souvent lors des manifestations autour du livre arménien.

 

Publiant également des traductions turques d'auteurs arméniens, ils sont un modèle de pertinence qui mérite d’être salué, surtout dans le contexte particulièrement contraint des Arméniens de Turquie. Si leur nombre fond à vue d’œil, ils poursuivent courageusement une activité culturelle qui n’a rien à envier aux communautés arméniennes les plus importantes de diaspora.

 

Du vendredi 10 au dimanche 12 décembre

De 10h à 19h

A l’Espace culturel "Le 148", 148 rue Paul Vaillant Couturier, 94140 Alfortville

RER D Maisons-Alfort/Alfortville

 

 

Plus au sud on n’est pas en reste avec :

 

4) A Marseille, le 3ème festival National du Livre Arménien et des trophées Toros de la Culture Franco-Arménienne.

 

Présidé cette année par Charles Villeneuve, tout le détail du programme et des livres en compétitions est disponible ici

 

Samedi 11 Décembre

BMVR – Alcazar - 58 Cours Belsunce 13001 Marseille
Entrée libre - Dédicaces au public de 14 h à 18 h 30
Cérémonie officielle de à 18 h30 sur invitation

 

 

5) A Décines, la Journée du livre arménien et de la BD se tiendra à la MCA.

Ici, libres aux lecteurs mieux informés d’en dire plus, en commentaires, car pour ma part cette information est une agréable découverte.

 

Dimanche 12 décembre

De 10h à 18h

A la MCA (maison de la culture arménienne)

15 rue du 24 Avril 1915, 69150 Décines

M° ou Tram arrêt La Soie, Bus 67 Arrêt Coli

 

 

A noter, mais ce sera au printemps prochain, l’UGAB  organise désormais aussi son week-end livres, qui se tient depuis 2 ou 3 ans, dans ses locaux rue de Courcelles à Paris.

 

A priori cette multiplication rend enthousiaste, car elle pourrait être le signe d’un regain de l’offre littéraire en la matière. Inversement, elle peut aussi tenir au fait qu’il est devenu tellement difficile de trouver ces livres, que seules ces quelques manifestations annuelles permettent de répondre à la demande.

 

Cela étant dit, en principe la concentration dans les affaires stimule le marché. En pleine morosité ambiante du milieu de l’édition en général, on espère donc plutôt que cette multiplication de manifestations littéraires fait écho à un réel regain d’intérêt.

 

 

A suivre, d’ici samedi, un zoom sur quelques nouveautés littéraires concernant les Arméniens, parues en français le mois dernier.

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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 23:00

  

Modernité et dynamisme sous le soleil…   A l’instar des Gaudí, Picasso et autres avant-gardistes de cette ville à la pointe des innovations urbanistiques, Barcelone est réputée pour une ouverture au monde heureuse et fondamentalement ancrée dans sa personnalité. Un vrai bonheur pour les étudiants Erasmus ou les touristes venus des quatre coins du monde, pour y goûter la joyeuse animation locale, simple et détendue.

 

DSCN4910b

 

Toute cosmopolite soit-elle, Barcelone est aussi la capitale d’une région qui affirme crescendo de fortes revendications identitaires. Ces dernières années la tendance régionale s’est nettement amplifiée, et la Catalunya (Catalogne) aspire désormais très ouvertement à une autonomie accrue, dans une Espagne qui peine à tenir ses promesses d’unité dans le respect des pluralités. La question est en tout cas mise au centre des préoccupations à l’approche du scrutin du 28 novembre prochain, qui renouvellera le Parlement catalan.

 

  

DSCN4877

Un des meilleurs moments pour savourer toutes les nuances de cette ville, est sans doute à l’arrivée de l’automne, vers le 24 septembre, quand on y célèbre la Mercè, sainte patronne de Barcelone. Toutes les rues de la vieille ville se colorent et s’illuminent pour accueillir durant un long week-end, les animations catalano-barcelonaises du festival de La Mercè, véritable symbole de la ville.

Dans son programme 2010 du festival, l’Ajuntament de Barcelona (la municipalité) le clame d’ailleurs  sans détours : si vous voulez vraiment connaître Barcelone, c’est à La Mercè qu’on vous attend.

 

 

 

Des animations culturelles en tous genres (danses, musique, feux d’artifices Correfoc, personnages géants, tours humaines Castellers, acrobaties de cirques… quelques photos ici) s’enchaînent effectivement un peu partout, et montrent une Barcelone tout à la fois catalane et cosmopolite.

  

DSCN4938Le folklore que les Français de Perpignan connaissent bien, s’épanouit là à plein, sous les couleurs du drapeau à 4 bandes rouge et or, étendard de la Catalogne. Chaque année, une ville étrangère est aussi spécialement invitée. 2010 accueillait ainsi Dakar, capitale sénégalaise, qui a bénéficié de toute cette organisation pour se présenter à travers sa musique, sa danse, et son artisanat, apportant un regain d’énergie créatrice à une ville qui en raffole et semble toujours en redemander.

 

Durant ce festival, au-delà du folklore, on remarque aussi un curieux jusqu’au-boutisme dans l’usage de la langue catalane. Le meilleur exemple en est le spectacle pyrotechnique final, qui clôture chaque année le festival. Pendant près de 45 min, un jeu concomitant de lumières, de fontaines et de musique, accompagne un gigantesque Correfoc (feux d’artifices) donné sur l’Avinguda de la Reina Maria Cristina, à deux pas de la Plaça d’Espanya… et au pied du Musée National de l’Art Catalan (MNAC).

 

Cet emplacement sur une avenue qui fait la jonction entre l’imposant palais du MNAC, majestueux depuis sa belle hauteur, et la place d’Espagne avec ses deux obélisques est symbolique, et c'est là que la foule se presse pour assister au spectacle de clôture, rythmé cette année par des chansons standards de la pop internationale, ultra connues pour tout occidental... sauf que pour chacune, après les premières mesures reprises dans leur version originale (souvent anglaises), elles étaient ensuite bizarrement interprétées en catalan.

 

 

Ascenseur

Le bilinguisme catalan/castillan dans l'ascenseur d'un immeuble d'habitation au coeur de Barcelone 

 

C’est l’autre caractéristique de Barcelone, une ville dont l’identité catalane s’affirme de nouveau et de plus en plus, depuis la fin de la dictature franquiste, au point d’avoir de nombreux signes habituellement réservés à une nation, et centralisés à Barcelone. Comme le rappelle Saül Godillo, directeur de l’Agence catalane d’information, la Catalogne a sa propre agence de presse, une télévision et une radio publiques bien installées, son propre corps de police, des ambassades dans le monde, et même son propre nom de domaine « .cat » sur Internet. Son parlement et gouvernement local (comme dans les 17 Communautés autonomes d’Espagne) vient d’adopter des lois aussi diversement bienvenues que l’interdiction de la corrida ou le doublage de 50 % des films en catalan.

 

Cette forte volonté de se singulariser a atteint des sommets cette année. Alors que 2006 avait vu l’adoption par le Parlement catalan de la nouvelle constitution donnant un statut d’autonomie élargie à la région, le Tribunal constitutionnel d’Espagne a invalidé cet été plusieurs articles de la nouvelle constitution.

La réaction a été immédiate et spectaculaire, le 10 juillet 2010 : des centaines de milliers de personnes défilant à Barcelone sous la bannière « Nous sommes une nation, nous décidons nous-même ».

La marche avait initialement été organisée par l’Ồmnium Cultural, une association de défense de l’identité catalane, mais la décision très controversée du Tribunal constitutionnel a été rendue quasiment la veille de sa tenue, exacerbant les tensions. Tous les partis politiques en Catalogne (à l’exception du parti de droite qui avait initié le recours constitutionnel) avaient alors appelé la population à s'y rallier.

 

Si ces revendications identitaires ne vont pas – encore – jusqu’au nationalisme, elles ont gagné en visibilité et légitimité pour une population qui soit reste indifférente, soit semble favorable à une plus grande indépendance, tout en ne reniant pas son identité Espagnole.

 

Une contradiction bien illustrée en matière de football : les Catalans ne sont pas anti-espagnols au point de ne pas soutenir l’équipe d’Espagne en coupe du monde ! C’est le quotidien Sud Ouest qui le relevait dans un article résumant  ces « ambiguïtés catalanes » au lendemain de la manifestation choc du 10 juillet dernier.

 

Quel que soit le futur, ces tendances contradictoires sont exploitées à plein dans la bataille des partis politiques en lice pour les prochaines élections parlementaires, le 28 novembre. Considérées comme un tournant pour la Catalogne, et l’Espagne, les pronostics donnent gagnante la précédente équipe qui avait été au pouvoir de 1983 à 2003, Convergence et Union, une coalition libérale de centre droit qui défend un nationalisme conservateur.

 

DSCN4975

 

Au-delà du modernisme au soleil dans lequel baignent les Espagnols, les Catalans, les étrangers et les touristes, la réalité de Barcelone est donc bien celle d’une identité qui compose avec moults facettes. Avec une particularité bien surprenante tout de même : la défense exacerbée de l’identité locale, à travers la langue notamment, côtoie très naturellement l’ouverture au monde.

 

La cohabitation est belle mais l’équilibre pourra-t-il durer ?

 

 

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Jilda Hacikoglu - dans Monde
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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 12:09

 

Des mots étranges dans ce titre, pour dire des liens (gaber, en arménien) qu'on aime repérer ici, sur ConnexionsS

 

Explications :

 

Mine Vaganti, est un film italien de Ferzan Özpetek, sorti sur les écrans français sous le titre "Le premier qui l'a dit".

 

Variation sur le thème du coming out gay dans une famille traditionnelle des Pouilles en Italie, le film a été vite catalogué en France sous la catégorie "comédie".

 

A y regarder de plus près, si l'histoire ne manque certes pas d'humour par moment, le film s'avère pourtant moins léger qu'il n'y paraît, sous le soleil au charme ravageur d'Italie.

 

Au-delà du thème homosexuel, c'est surtout les hésitations et la difficulté à faire certains choix de vie qui s'en dégage. Des choix de vie périlleux, dépourvus de filet en cas d'échec, lorsqu'on aspire à autre chose que ce qui semble vous être prédestiné. 

 

Ce thème qui n'a rien d'exceptionnel, est tout de même traité de manière intéressante. Entre autres spécificités, en approchant de la fin, une chanson très particulière, Kutlama, attire l'attention. Elle ouvre une longue scène de célébration, pleine de lyrisme. 

 

A l'occasion de cette célébration (dont on ne peut dire plus sans trahir l'histoire), la caméra glisse sur les personnages du présent mais aussi du passé. La musique, au premier abord typiquement italienne, est vite accompagnée de paroles... turques.

 

Ce tout un peu étrange contribue à l'étrangeté de la scène, à un moment décisif dans l'évolution de l'histoire.

 

Cette incursion turque un peu déroutante, vient bien sûr de ce que Ferzan Özpetek, réalisateur italien de Mine Vaganti, est aussi Turc (1) .

Mais la connexion ne s'arrête pas là (s'arrête-t-elle jamais d'ailleurs ?).

 

 

Kutlama est une chanson de Sezen Aksu, célèbre chanteuse turque. Outre le talent immense qu'on lui attribue, son nom est intimement lié à Onno Tunç, un compositeur tout aussi connu et aimé en Turquie, précocement décédé dans un accident d'avion en 1996. 

 

 


Sezen Aksu - Kutlama Hamyum.Com

  http://www.dailymotion.com/video/x6zomp_sezen-aksu-kutlama-hamyumcom_music

 

   

Ayant écrit pour de nombreux autres artistes turcs, Onno Tunç est Arménien, de son nom de baptême Ohannès Tunçboyaciyan.

 

Pour beaucoup, Sezen Aksu est devenue ce qu'elle est grâce aux compositions de ce musicien hors-pair, autodidacte prolifique, dont les chansons ont reçu quelques prix, et notamment permis à la Turquie de se distinguer aux concours de l'Eurovision. Le choc de sa mort avait plongé la chanteuse dans une profonde dépression (elle ne s'en est pas cachée).

 

Il y a évidemment eu une grande histoire d'amour entre ces deux-là, durable malgré les 4 mariages de la diva, même si aucun n'était avec ledit Onno Tunç.

 

Voilà donc un Arménien célèbre et plutôt apprécié en Turquie, chose assez peu commune surtout de son temps, et cela mérite d'être signalé. Soit ceci dit en passant, de tous temps on trouve des Arméniens dans le paysage artistique turc, mais la plupart du temps, mieux vaut pour eux le faire oublier.

 

Mais encore ? Kutlama a été écrite par Sezen Aksu, ET composée par Arto Tunçboyaciyan, autre Arménien, plus célèbre en Arménie et chez les Arméniens celui-là. C'est le frère cadet d'Onno, et il est à l'origine d'un des groupes arméniens les plus prometteurs de ces dernières années : l' Armenian Navy Band.

 

 

Pour finir de tirer les fils de ces connexions à rallonge :

 

Malgré le titre français, Mine Vaganti se traduit de l'italien par "mines errantes". Une histoire d'errances qui est  effectivement un peu moins réductrice qu'une histoire de "premier qui l'a dit".

 

Kutlama désigne en turc une célébration (quelle qu'elle soit), mais aussi les félicitations qu'on adresse pour tout  évênement heureux: anniversaire, mariage, naissance, et d'autres...

 

Dans la chanson de Sezen Aksu, c'est l'arrivée du printemps qu'on célèbre, symboliquement la fin d'une période et le début d'une autre dans l'éternel cycle des choses, des êtres et des sentiments.

 

 


 

(1) Né à Istanbul en 1959, Ferzan Özpetek s'est installé en Italie pour y étudier (à Rome) à la fin des années 70. Dans les années 1980, c'est aussi en Italie qu'il commence à travailler dans le cinéma en tant qu'assistant-réalisateur notamment.

Ses premiers films datent de 1997 Hammam, et en France on remarquera peu après son Dernier harem (1999), film dont le premier rôle est tenu par Marie Gillain qu'on n'imaginait alors pas dans cet environnement (voir ici sa bio ciné).  

 

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Jilda Hacikoglu - dans Musique
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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 11:20

 

Pédagogie d'une expo-photos

 

Vernissage pédagogique, demain, de l'expo-photos "la France de Raymond Depardon", qui vient de s'ouvrir à la Bibliothèque Nationale de France (Site François Mitterand).

 

Le film de l'exposition, réalisé avec Claudine Nougaret, présente la démarche de ce photographe et réalisateur passé maître dans l’art du reportage, dont le parcours est jalonné de faits marquants et de prix divers (son nom est lié aux agences de photojournalisme Gamma dont il est le co-créateur, ou Magnum Europe dont il devient le vice-président en 1981; pour en savoir plus, voir sa biographie).

 

affiche depardon bnf

 

 

Raymond Depardon a choisi d’observer ici, la France, avec une technique ancienne bien incongrue à l'ère des appareils numériques : une chambre photographique.

 

Cette technique encore utilisée aujourd’hui pour produire des clichés grands formats, lui permet après cinq années de pérégrinations, de nous rapporter aujourd’hui sa "perception intuitive", non figée, de l'identité française.

 

Résultat : des photos couleurs, grands formats, dont les couleurs et la lumière sont limpides et éclatantes, et qui se concentrent sur des lieux. Une « France des sous-préfectures » dont il s’est rendu compte qu’elle est finalement peu photographiée, et où volontairement, très peu de personnes apparaissent.

 

Des visions sur lesquelles on glisse en général, mais qui font bel et bien partie de notre quotidien, à tous. Une manière de dire, peut-être, que l’identité de la France ne tient pas seulement aux profils de ses habitants, mais englobe aussi ce qu’ils ont fait de leur territoire.

 

 

Pédagogie d'un manuel d'éducation civique

 

L’ambiance que suggère cette exposition se rapproche de ce qu’on observe dans la nouvelle édition du manuel Nathan d’éducation civique (2010), que des élèves de 5ème  découvriront en cette période de rentrée avancée.

 

Pour satisfaire aux exigences du programme officiel d’éducation civique (fixé par arrêté du 15 juillet 2008), les éditions Nathan ont choisi de faire d’une pierre plusieurs coups, avec la présentation de la démarche de changement de nom d’un Arménien de France.

  

  

Ed Nathan p24Ed Nathan p25

  

 

Cette démarche bien connue des Arméniens de France, leur permet de retrouver leur nom de famille originel : l’histoire leur a en effet souvent imposé d'y renoncer malgré eux. Renoncement imposé car ce nom marquait justement une identité jugée indésirable dans l’Empire ottoman puis dans la République turque.

 

Le cas présenté dans le manuel évoque ainsi la coexistence des diverses facettes de l’identité d’un citoyen français, né en Turquie, réfugié politique en France avant d’être naturalisé.

Après 30 ans en France, il a choisi de récupérer le patronyme arménien, Mardiryan, auquel son grand-père avait dû renoncer contre sa volonté dans la Turquie des années 40, pour celui de Silahli, plus « local ».

 

Cet exemple est assez intéressant car il illustre d’une part l’identité légale d’un individu, comment il apparaît « officiellement » aux yeux de tous dans un Etat de droit, et d’autre part son identité personnelle, autrement moins figée et qu'on peut d'autant moins encadrer.

 

Juste après cette illustration arménienne, le manuel présente le cas d’Aimé Césaire, homme politique et poète français, mis en avant pour son identité personnelle, multiple, et forgée par l'histoire française.

 

 

Tout cela pour montrer qu'il y a évidemment plusieurs identités selon l'angle où l'on se place. Mais tout aussi naturellement, aucune des identités n’empêche les autres d’exister, tant qu’on respecte les principes du savoir-vivre en société. 

  

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Jilda Hacikoglu - dans Société
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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 17:00

 

En un jour de grève comme celui-ci, situation surprenante dans un établissement public d'Etat, tout ce qu'il y a de plus classique, et dont le siège social est à Paris : des salariés qui font grève et quittent leur poste pour aller manifester à Bastille, ne sont pas considérés comme grévistes.

 

Comment est-ce possible ?

 

Très simple : la direction des ressources humaines leur retire d'office pour cette demi-journée d'absence, une demi journée de RTT, congé ou heures de récupération. 'Au choix'.

 

Rien ne permet au salarié d'afficher son engagement et sa revendication, alors que cet affichage volontaire est à l'origine même de son geste.

 

Dans cet établissement la situation ne date pas d'hier, manifestement la pratique avait déjà cours depuis bien des années. L'habitude aidant, on ne s'en offusque plus, et pourtant cette pratique est finalement lourde de sens, notamment quand on sait que dans la bataille entre les chiffrages de la 'Préfecture' et ceux des grévistes, les données des entreprises sont un éléments pouvant faire foi.

 

C'est toujours bon à savoir (ou à rappeler) : l'information peut très simplement passer inaperçue par simple inertie.  

 

Cachez ces grévistes que nous ne saurions voir ?

 

Encouragement insidieux et 'inoffensif' à ne pas manifester ?

 

Manifestement... 

 

 

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Jilda Hacikoglu - dans Société
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